Rédigé par l’équipe de Miboue

À l’automne 1940, la décision est prise par le général de Gaulle et ses commandants de rallier le Gabon par les armes à la France Libre. Alors que le Tchad, le Cameroun et le Moyen-Congo ont déjà rejoint les Forces Françaises Libres (F.F.L.), le territoire gabonais reste sous l’autorité du régime de Vichy. Une opération d’envergure, la Campagne du Gabon, est alors déclenchée sur plusieurs fronts terrestres et fluviaux pour unifier l’Afrique Équatoriale Française.

1. L’avancée des deux colonnes : De Mitzic à la région de Fougamou

L’offensive terrestre repose sur une manœuvre en tenaille menée par deux colonnes distinctes :

  • La colonne du Cameroun, placée sous le commandement du commandant Dio.
  • La colonne du Moyen-Congo, dirigée par le commandant Parant.

Les premiers affrontements physiques entre les éléments vichystes et les Forces Françaises Libres éclatent dans le nord et le centre du pays. La colonne venue du Cameroun essuie d’abord un revers tactique lors des rudes combats de Mibeng. Cependant, les F.F.L. se reprennent rapidement et remportent des succès décisifs lors des escarmouches dans la région de Fougamou-Sindara ainsi qu’à Mitzic, sécurisant progressivement les axes stratégiques.

2. La bataille de Ngomo et la flottille de l’Ogooué

Le 17 octobre 1940 marque le premier choc majeur sur le fleuve Ogooué : la bataille de Ngomo. À mesure que les troupes gaullistes progressent vers le cœur du territoire, la ville de Lambaréné se retrouve directement menacée.

Pour tenter de désenclaver la position et de freiner l’avancée gaulliste, les officiers de l’aviso Bougainville et du sous-marin Poncelet (bâtiments loyalistes à Vichy) mettent sur pied une flottille improvisée :

  • Le courrier fluvial Falaba et le remorqueur Mandji sont armés en hâte, accompagnés de remorques et de pinasses.
  • La direction de cette flottille est confiée au commandant Mestre, assisté par des marins gabonais de la Compagnie Maritime des Chargeurs Réunis, fins connaisseurs de la ligne fluviale entre Port-Gentil et Lambaréné.

3. La chute de Lambaréné : Le drame du 4 novembre

Malgré cette tentative de défense sur l’Ogooué, le sort de la ville était scellé face à la supériorité de feu des troupes de la France Libre.

Le 4 novembre 1940, pris sous le tir continu des mitrailleuses gaullistes et bloqués dans la boue de leurs tranchées, les défenseurs de Lambaréné cèdent. La ville tombe aux mains des F.F.L. Ce combat urbain et fluvial est marqué par de lourdes pertes et par la mort tragique du Père Talabardon, touché de plein fouet par un obus au cours des affrontements.

4. Cap sur Libreville

La prise de Lambaréné met fin à la résistance vichyste dans le moyen Ogooué. Le verrou du centre du pays étant désormais levé, les Forces Françaises Libres peuvent réorienter l’ensemble de leurs moyens vers la capitale administrative et portuaire.

À l’embouchure du fleuve et le long de la côte, le colonel Leclerc achève alors les préparatifs logistiques et militaires de l’assaut final : la bataille de Libreville.

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