
L’art des Loumbo et Vili du Sud-Gabon et de la région côtière du Congo, entre le Gabon et Pointe-Noire, est encore peu connu au plan stylistique, bien que des pièces très anciennes figurent en bonne place dans les collections, du fait des contacts entre voyageurs européens et autochtones dès les XVI e et XVIIe siècles.
En fait, ces régions étaient les marches du royaume du Loango. Le déplacement des populations s’est fait ici du sud vers le nord, du Congo vers l’Ogooué, les peuples Vili, loumbo, pounou et apparentés venant buter sur les masses Okandé et Myènè venues, elles, de l’est.
Les Vili, comme les Loumbo (ou Loumbou) se dénommèrent eux-mêmes notes (qui signifie « noir» en langue kikongo), par opposition à la couleur étonnante des premiers arrivants occidentaux, qui débarquèrent vers 1485, peu après la découverte de l’embouchure du Congo par Diego Cao. Ils eurent très vite la révélation de leur vocation commerçante, à l’opposé des Bayombe (habitants des montagnes du Mayombe), intermédiaires entre les peuples de l’intérieur et les traitants européens.

Vassaux du roi du Loango (lui-même lié au roi du Congo), les Vili ont vu, depuis un siècle et demi environ, leur aire d’habitat diminuer progressivement au de l’atomisation du royaume. Leurs groupes les plus septentrionaux se trouvent au Gabon, vers Setté-Cama et Mayumba où ils cohabitent avec les Baloumbo.
Dans les conceptions religieuses des Vili et Loumbo, le créateur est dénommé Nzambi. Celui-ci, comme l’indique le proverbe, a créé les Bakisi et les humains vivants :
«Nzambi vandji liyilu i siuvaga bakisi i bantu lu monio »
(Si Nzambi Mpungu est l’ordonnateur de toutes choses, lointain et immobile, démiurge de tous les Ba-Kongo, les bakisi [sing. nkisi] sont les génies ou les dieux (inférieurs».)
«Le nkisi est l’esprit divinisé de l’ancêtre qui le premier occupa et délimita la terre du clan. Il est honoré dans un sanctuaire (tchibila) désigné par le même nom que le temple où se trouve celui-ci, constitué par un bosquet sacré, de dimensions variables, dont l’accès est interdit aux fumu « prince », aux femmes en périodes menstruelles ou venant d’accoucher, ainsi qu’aux individus ayant eu des relations sexuelles au cours de la nuit précédente. »
Source :
Louis Perrois, art ancestral du gabon dans les collections du musée barbier-mueller photographies pierre-alain ferrazzini, genève

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