Rédigé par l’équipe de miboue.com
Au Gabon, l’analyse des populations désignées par l’Occident sous le terme de « Pygmées » offre un terrain d’étude privilégié pour observer les processus identitaires, les dynamiques de diversification et les relations de voisinage.
Une répartition géographique plurielle sur le territoire gabonais
Si les dénominations et les réalités culturelles varient, on dénombre principalement six termes endogènes désignant ces groupes à travers le pays :
- Les Baka dans le nord de la province du Woleu-Ntem.
- Les Moghama et les Murimba dans la province de la Nyanga.
- Les Akoa dans l’Ogooué-Maritime et le Moyen-Ogooué.
- Les Koya dans l’Ogooué-Ivindo.
- Les Bongo, qui sont majoritaires et répartis entre trois provinces : la Ngounié, l’Ogooué-Lolo et le Haut-Ogooué.
Malgré leur faible densité démographique, ces communautés ont fait l’objet de divers programmes de recherche pluridisciplinaires (notamment en génétique, anthropologie, ethnomusicologie et linguistique) afin de comprendre leurs origines et leurs relations avec les populations voisines.
Sédentarisation, mobilité et emprunts culturels
Bien que la politique de regroupement des villages le long des axes routiers — initiée à l’époque coloniale et poursuivie depuis l’indépendance en 1960 — ait entraîné une cohabitation plus étroite entre Pygmées et non-pygmées, ces populations conservent des modes de vie ancrés dans la tradition.
Installés dans des villages où ils pratiquent l’agriculture, ils maintiennent des séjours temporaires en forêt pour la chasse, la pêche et la collecte de ressources essentielles telles que le miel sauvage, les plantes médicinales et le gibier. En cas de pressions excessives de la part de leurs voisins ou de crises sanitaires, leur attachement à la mobilité les pousse parfois à se déplacer pour s’associer à de nouvelles communautés.
Ces contacts prolongés ont favorisé de nombreux échanges : les groupes pygmées ont ainsi emprunté et partagé des pratiques culturelles variées (langues, techniques, répertoires musicaux et rituels) avec leurs voisins, constituant de véritables témoins de leurs parcours historiques.
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