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Dans l’univers ésotérique et artistique du Bwiti tsogho, chaque objet liturgique raconte la genèse du monde et le lien indéfectible unissant les vivants à leurs ancêtres. Parmi les pièces les plus remarquables de cette tradition, l’autel rituélique connu sous le nom d’Ana-a-Ndèmbè offre une plongée saisissante au cœur de la cosmogonie de la région de Mimongo et des Monts du Chaillu.

La géographie sacrée de l’autel : Entre ancêtres primordiaux et descendance

Long de soixante-dix centimètres et façonné dans un bois polychrome aux teintes expressives, cet autel se compose de supports architecturaux hautement symboliques :

  • Les figures tutélaires : Les deux montants verticaux sculptés arborent des visages anthropomorphes représentant le couple des ancêtres fondateurs de l’humanité, l’homme et la femme primordiaux : Nzambé-Kana et Disumba.
  • La lignée et la transmission : La planchette horizontale qui les relie matérialise graphiquement leurs descendants, unissant dans une même composition géométrique l’origine des temps et la continuité de la communauté.

Au cœur du deuil et de la communion spirituelle

Plus qu’un simple support de culte, cet autel jouait un rôle capital lors des cérémonies de deuil, appelées ghébénda. Dans ces moments où la communauté affronte la perte et la transition vers l’au-delà, l’Ana-a-Ndèmbè servait de point d’ancrage aux invocations, guidant l’âme du défunt vers ses ancêtres mythiques.

Reconstitué avec soin grâce à la mémoire des anciens et aux documents photographiques d’époque, cet objet témoigne de la maîtrise conceptuelle des artistes tsogho. Il rappelle que dans la pensée traditionnelle gabonaise, l’art et le sacré ne font qu’un pour célébrer la vie, la mort et la perpétuation du groupe.

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