Les Vili occupent au Congo (Brazzaville) toute la région côtière (Pointe-Noire et Madingo-Kayes) et s’étendent au Gabon le long de la lagune Banio jusqu’à Mayumba. Ils sont parents linguistiques du groupe Bacongo, mais comprennent le Lumbu sans interprètes.
Origines et histoire
Les Vili sont venus du sud. En 1888 ils occupaient Mayoumba ; les Baloumbou étaient alors sur la lagune Banio. Le roi, Mayombe Ignondrou commandait le Mayombe, Mayumba et une partie de Setté Cama ; c’était le plus ancien des chefs (et, semble-t-il, un Lumbu); il réglait les palabres entre les chefs de clans Vili et Lumbu. Goufila Ngoma commandait les Vili de Mayumba.
A cette époque, Mayumba ne dépendait plus du Maloango, et les marchands Vili de Loango qui se rendaient par la côte à Setté Cama étaient souvent dépouillés de leurs ballots d’étoffes.
Le chef Mathias a vu De Brazza trois fois à Loango et une fois à Mayoumba.
Activités économiques
La piste des esclaves, venant de Tchibanga, aboutissait à Mambi sur la lagune Mbanio ; les navires opéraient au large à Panga (pointe sud de Mayoumba) et à Banda-Pointe.
Les Bapounou apportaient aussi des cabris et des canards. Les esclaves récalcitrants étaient attachés par des cordes. On se cachait pour les embarquer.
Il y avait des commerçants européens à Kongo-Mayombe, anglais (Hatton et Cookson) et allemands. On voyait un bateau tous les deux (2) mois. On apportait des palmistes, de l’huile, et du caoutchouc.
Vie en société
Les Vili et les Balumbu se marient entre eux depuis longtemps. La famille est matrilinéaire. Certains clans se retrouvent dans les deux peuples tels les Bayendji, qui existent aussi chez les Pounou et même les Nzabi.
L’interdit en est le perroquet : une femme pourchassée par les assasSins (pougni), fut sauvée par un perroquet qui faisait tant de bruit que les ennemis crurent à une troupe nombreuse et prirent la fuite. Les Badoumbi ont pour interdit la perdrix, etc… Quand des gens se rencontrent et reconnaissent leur appartenance au même clan. Ils se disent « Samsa » et s’embrassent. Ils sont frères et se doivent l’hospitalité.
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Source :
L’HOMME D’OUTRE-MER , Collection publiée par le Conseil supérieur des Recherches sociologiques d’outre-mer et par l’Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer Nouvelle Série N° 6, Hubert DESCHAMPS, Gouverneur E, R., Directeur des Sciences humaines à l’Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer, Chargé de mission par le Centre National de la Recherche Scientifique, Traditions Orales et Archives au Gabon, Contribution à l’ethno-histoire, ÉDITIONS BERGER-LEVRAULT 5, rue Auguste-Comte PARIS (VI) 1962.