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C’est dans le cadre des grands voyages de découverte au XVe siècle, que le Gabon, après bien d’autres pays africains, est découvert, à son tour, par les Européens.

En 1472 les navigateurs portugais, venant de Saô-Tomé et de l’Ile du Prince, atteignent les côtes du Gabon (estuaire).

Lopo Gonçalves est le premier à arriver au delta de l’Ogooué et donne son nom à la presqu’île de Mandji aujourd’hui Cap Lopez (1472).

Rui de Sequeira arrive en pays Ngowe, au sud d’Eliwenkomi, le 25 novembre de la même année, alors que Fernâo-Vaz atteint le pays Nkomi, auquel il laisse son nom : Fernan-Vaz.

Plus au nord, les Portugais étaient entrés en contact avec les riverains de l’Estuaire Mpongwe, qu’ils allaient appeler Pongo et auquel est attaché le premier nom européen du pays : Rio Pongo ou Rio do Gabâo, (rivière du Gabon) assimilant la forme de l’estuaire à un caban ou manteau de marin, tout comme le wouri fut appelé Rio dos Camaroes (rivière des crevettes) par les marins de Fernâo Dopo.

Abordant la pointe Nord de Libreville actuel (cap Estérias), les Portugais appelèrent cette région Cabo de Esteiras, c’est-à-dire Cap des Spartes, à cause de l’utilisation courante des spartes (nattes) par les riverains.

Continuant sa progression, la flotte de Fernâo Gomes atteignit les pays du Sud-Ouest du Gabon: Sette-Cama et Mayumba, avant d’explorer l’ancien royaume du Mani-Kongo.

On peut considérer qu’en 1475 déjà toute la côte jusqu’à Mayumba était explorée.

Les navigateurs portugais y exerçaient un commerce de troc avec les populations.

Il faudra attendre la fin du XXVIe siècle pour que la connaissance de l’intérieur du pays se précise, et qu’on voie en même temps l’entrée, dans l’arène commerciale, des Espagnols, des Hollandais, des Anglais et des Français.

L’inaccessibilité de la forêt équatoriale explique, sans nul doute, la lenteur de la pénétration européenne dans l’hinterland, où se développaient les chefferies qui fourniront, plus tard, à la traite négrière des XVIIIe et XIXe siècles des hommes pour le commerce des esclaves. 

Dès 1520, I’île de Saô-Tomé devint le principal entrepôt d’esclaves du commerce maritime au sud de I’Equateur.

Les immigrés portugais de Saô-Tomé achetaient des esclaves sur toute la côte du Gabon, du Congo et d’Angola, les emmenaient sur l’île travailler la terre et fabriquer du sucre.

Après que Saô-Tomé eut été ravagée et pillée par les flibustiers français en 1567, les Portugais de l’île émigrèrent au Brésil avec leur matériel et leurs esclaves.

C’était le début de la traite atlantique au sud de l’Equateur.

Ce trafic se poursuivit et s’amplifia au fil des siècles, vidant l’Afrique de centaines de milliers d’hommes.

L’annexion du Portugal par l’Espagne ayant eu lieu en 1580 par suite des faiblesses du prétendant au trône portugais

– Don Antonio, successeur du roi Sebastio mort en 1578

-les « Cortes de Tomar »‘ (assemblée nationale) reconnaissaient en 1581 un prince fran-çais, Philippe II d’Espagne, comme roi du Portugal.

Du coup la prépondérance portugaise s’effrite.

Les Français rentrent ainsi officiellement dans la course à l’acquisition des “pièces” en provenance de l’Afrique.

Puis ce fut le tour des Hollandais, qui occuperont progressivement la Côte de Guinée.

C’est ainsi qu’en 1600, ils s’emparent des provinces portugaises d’Afrique.

L’Angola tombe, et des points de commerce d’esclaves comme le Gabon subissent l’occupation des Pays-Bas.

Les Hollandais fondent un comptoir à l’île Dembe qu’ils baptisent Koningkje eiland (île du petit roi) et qui sera connue sur les cartes de l’époque sous le nom de Koenig Ey.

La présence hollandaise et son souvenir se sont perpétués dans la mémoire des hommes de l’Estuaire par le massacre en 1698 de la tribu Myene des Ndiwa des îles Coniquet et Mbini, qui avait eu des démêlés avec les commerçants hollandais.

Lorsqu’en 1640 le Portugal retrouve son indépendance, la prépondérance hollandaise décline par la perte de ses points d’appui.

Les Portugais reprennent alors leur commerce maritime et la traite des Noirs. (2)

Au XVIIIe siècle, Saô-Tọmé devint le siège de la compagnie Cacheo, qui se ravitaillait en esclaves au Gabon, au Congo et au Cameróun.

Les principaux entrepôts d’esclaves au Gabon étaient à Nengue-Awoga (île des étrangers) dans l’Estuaire, Sangatanga dans la région du Cap Lopez et Mayumba, ancien port négrier.

Entre 1700 et 1740, l’Europe importa vers l’Amérique et les Antilles plus de 150 000 esclaves, pour travailler dans les champs de coton et de canne à sucre.

Pendant plus de deux siècles, la visite d’un bateau d’Europe sur les côtes d’Afrique n’eut d’autre signification que rapts, malheurs et ruine.

Le Gabon ne fut pas épargné. Il fournissait bon an mal an plus de dix-huit mille “Billes d’Ebène” à destination de Cuba et du Brésil. (3)

Il faudra attendre la fin du XVIIIe et les débuts du XIXe siècle pour constater l’existence de mouvements anti-esclavagistes, nés des votes d’abolition de l’esclavage par I’Angleterre en 1792, 1794 et 1796, de la Convention française en 1792, grâce à Robespierre, de l’intervention enfin du député Victor Schoelcher sous la IIIe République (1848).

Aux Etats-Unis, ce n’est qu’en 1865, après la guerre de sécession, que l’esclavage sera aboli ; au Brésil, il le sera en 1881.

Crédit vidéo: LA VÉRITABLE HISTOIRE DU GABON QU’ON NE VOUS DIS PAS, TRACE GABON

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Annuaire Gabon

Sources:

(1) Martin G.: Histoire de l’esclavage dans les colonies françaises. Paris. P.U.F. 1948.

(2) Abbé André Walker Raponda. Notes d’histoire du Gabon. Mémoire de I ‘Institut d’Etudes Centrafricaines.N°9. Brazzaville.1960.

(3)Rapport sur la commémoration solennelle du centenaire de la présence française au Gabon. Conseil de la République n°798. Paris. 1949.

Un homme, un pays, EL-HADJ OMAR BONGO, LE GABON, Collection : Etats africains d’hier à demain, Les Nouvelles Editions Africaine.

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