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Les représentants des maisons commerciales étrangères, pour s’attirer l’amitié des chefs (la diplomatie du beau-fils), en vivant en concubinage avec les filles de tous les chefs influents.

C’était un moyen habile de gagner pour leur maison tout à la fois de l’influence et de la sécurité.

L’administration comprit que pour briser les prétentions étrangères au Gabon, il fallait, alors que l’on en favoriserait d’autres. Ce jeu subtil contribuerait à brouiller les chefs entre eux et obligerait à faire appel à l’arbitrage du commandant. Ce serait alors reconnaitre l’autorité française, et du même coup évincer les éléments étrangers à la France.

Pratiquée par les Anglais par exemple, la politique des cadeaux ne pouvait pas avoir de réplique française honorable, car les marchandises importées au Gabon étaient souvent de mauvaise qualité et les Français étaient parfois réduits à acheter des marchandises étrangères pour relever leurs produits nationaux.

L’attitude des commerçants français, obligés de recourir à l’Angleterre ou à l’Allemagne pour l’importation, se justifiait par le manque de longs courriers reliant la France au Gabon, ce qui aurait permis de meilleures importations.

Alors que la maison Wöermann de Berlin, par exemple, avait à elle seule trois grands vapeurs sur la ligne Allemagne-Gabon, I ‘Angleterre, outre un vapeur nommé l’Angola assurant en vingt jours le voyage Liverpool-Libreville, possédait deux lignes de paquebots sur la côte d’Afrique.

Tous ces facteurs entraînaient indubitablement la suprématie anglaise et allemande sur les Français, presque abandonnés par leur métropole, malgré l’intervention de quelques commerçants nantais ou bordelais intéressés par le Gabon.

Source :

Un homme, un pays, EL-HADJ OMAR BONGO, LE GABON, Collection : Etats africains d’hier à demain, Les Nouvelles Editions Africaine.


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