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Ce peuple habite quelques villages à l’est de Mouila et de Fougamou.

Il occupe presque toute la région à l’ouest et au nord de Mimongo dans le massif central (Massif du Chaillu).

Noms

Pluriel : Mitsogo ; singulier : Mutsogo. Quand la terre et le ciel s’étaient rencontrés, Nyambi (Dieu) dit Je vous donne la race : Mitsogo.  

Il y avait un enfant blanc et un noir. Le père a dit Attendez-moi là ! N’allez pas en brousse ! Au bout de deux jours l’enfant noir a dit : « Tsogo ho » (je suis fatigué), d’où le nom.

L’enfant blanc a obéi ; pour le récompenser, Dieu lui a donné le papier. Puis il a dit : Tshogo va manger le boa  il pourra ensuite me voir. »

Origines et histoire

Les ancêtres étaient dans une grande plaine sans arbres à l’est, appelée Motové, dans un pays trop chaud, plus loin que Franceville.

La rivière Divindé Mipopa marquait l’endroit où le ciel et la terre se sont rencontrés.

Le petit oiseau tshongosongo vola en avant sans se poser. Il revint dire : Il y a un beau pays. » Le tshioka (animal aquatique) fit un trou jusque-là.

Les hommes l’ont suivi et sont arrivés ici. Mais les Babongo (pygmées) étaient déjà arrivés.

Les chefs babongo s’appelaient Moutshoï Motoubi (mère) et Pendzé (père). L’oncle, Magnéwanga, était Tsogo.

Ils arrivèrent au village Boundji et se séparèrent là en trois fractions : Diboa (à l’ouest), Mopindi (Mimongo), Issouma (sud-ouest).

Il existe plusieurs lieux appelés Boundji, Iboundji, Diboudji, Eboundji, notamment deux villags sur l’Ogooué dans la région de Lastoursville, un village en pays batéké à l’Est de Franceville, et le Mont Iboundji, sommet du Massif Central et du Gabon (1.500 m) à l’Est de Mimongo.  

 Organisation de la société

Famille matrilinéaire ; le chef est l’oncle maternel (katshi). La dot est remise au père qui en ristourne la moitié au katshi.

Chaque clan (ebota) a son chef. Les Diboa forment trois clans, les Issouma un. Les Apindi se divisaient en deux clans : Mapanga et Mitoungou, moitié Tsogo, moitié Sango.

Territoire réparti par clans. Exogamie de clan. Mariage avec tous les peuples.

L’esclavage avait diverses causes.

Les voleurs ou les gens qui se conduisaient mal pouvaient être vendus s’ils ne se rachetaient pas.

Le meurtre obligeait la communauté du meurtrier à remplacer la victime : un homme pour un homme, une femme pour une femme ; ceux-ci pouvaient être adoptés ou vendus.

En cas de famine on pouvait vendre ses enfants. Pour obtenir d’un clan l’autorisation de s’installer sur son territoire, on lui donnait quelqu ‘un de sa famille. Les esclaves étaient fréquemment vendus aux Eshira ou aux Bapounou pour avoir du sel et des marchandises.

Les Mitshogo achetaient aussi des esclaves Massangou pour les revendre. Caractère de la traite des esclaves chez les peuples gabonais : Deux remarques peuvent être faites à partir de ces informations et des autres, concordantes, que nous avons trouvées chez la plupart des autres peuples gabonais au sud de l’Ogoué :

1.La traite, chez ces peuples, n’a pas eu le caractère de guerre sauvage entre peuples et de chasse à l’homme que nous lui attribuons généralement.

C’était un procédé pour protéger l’ordre social et. à titre secondaire, pour se procurer des marchandises. Avant tout. la vente des esclaves était, comme notre peine de mort ou notre bagne, une élimination des individus antisociaux.

2. La traite, dans ces mêmes régions, ne semble pas avoir anéanti les peuples comme on le croit généralement. Les populations les plus atteintes par la traite, les Mitsogo, les Massango, les Bandjabi, véritables réservoirs d’esclaves, sont parmi les plus florissantes du Gabon. Paradoxalement, ce sont les marchands d’esclaves côtiers les Mpongwé, les Orungu, qui ont diminué jusqu’à presque disparaître. Le climat émollient de la côte et les contacts européens pacifiques ont été, en fait, beaucoup plus destructeurs que la traite.

Forgerons. Marmites en terre cuite. Assiettes en bois.

Révoltes des Mitsogo

Les premiers signes de mécontentement vinrent de la région de la Ngounié en 1904. Les Mitsogo s’étaient soulevés contre les tentatives françaises d’occuper leur territoire.

Sous les ordres du capitaine Colonna de Leca, la deuxième compagnie du Gabon eut pour mission de briser cette révolte et de ramener les Mitsogo par la force à des sentiments moins hostiles.

Les Mitsogo évitèrent le combat. Mais en décembre 1904, sous la conduite du chef Mbombé a Gnangué, ils écrasèrent les forces françaises chargées de les réprimer.

Le 6 février 1905, une colonne renforcée marcha sur eux et prit d’assaut le village de Kembele, avec de grosses pertes.

Les Mitsogo firent le vide autour d’eux. Par mesure de sécurité le front de la Ngounié ne fut pas dégarni. Pendant ce temps le pays Mocabe (Nyanga actuelle) commençait à se révolter contre les Blancs.

Mbombé a Gnangué passa donc un accord offensif et défensif avec Nziengui-Fundu, chef élu du pays Mocabe-Digayi.

En 1906, les Mitsogo se soulevèrent encore contre les Français. Ils attaquèrent de jour le poste de Mouila. Les français marchèrent sur l’un de leurs villages, Malaga, qu’ils prirent d’assaut et surnommèrent Fort-Sampic avant de reprendre Kembele.

Malgré les promesses et cadeaux, les Mitsogo refusèrent résolument de rentrer en contact avec les Français.

L’obstination de ces populations résolut le Commissaire général en résidence à Brazzaville à confier au chef de bataillon Le Meillour la mission de prendre la direction des opérations et de briser cette résistance.

Or parallèlement, les colons avaient entrepris des pourparlers avec quelques chefs dissidents, bercés par la politique de cadeaux et de pourboires. Cette méthode de spoliation fit tâche d’huile, plusieurs tribus déposèrent les armes.

Seule l’agglomération de Nyonga, village du chef Mbombé a Gnangué, continuait la lutte.

Aussi lorsque Le Meillour, détaché avec des renforts du Congo pour régler le sort des Mitsogo, arrive à la Ngounié, la révolte est-elle déjà morte à moitié.

On comprend aisément sa victoire et la fin de Mbombé a Gnangué, fait prisonnier puis exécuté à Mouila en 1913, après avoir reçu le baptême.

La guerre de Mbombé a Gnangué avait durée 9 ans et fut l’une des plus meurtrières des résistances gabonaises.

Croyances et rites

Le Dongé (Mwiri) impose de ne pas mentir, ne pas tuer, ne pas voler. L’initié est marqué au bras. Il ne peut manquer à son serment sans tomber malade.

Le Nyembé existe pour les femmes. Le Bwiti, avec l’usage de l’iboga, a commencé chez les Mitshogo.

Une autre tradition le fait venir des Babongo par les Bapindji. En tout cas ce sont les Mitshogo qui l’ont transmis aux Massangou et aux autres peuples. Bouiti. Il est exact que les invocations, même chez les autres peuples, sont souvent en langue tshogo.

La case Bwiti (« corps de garde ) existe dans chaque village tsogo. Revêtue d’écorce (yeko) battue au maillet avec des dessins géométriques (ronds, losanges), elle est rectangulaire, vaste et entièrement ouverte sur un des petits côtés. Les assistants s’accroupissent le long des murs autour du feu. Le joueur de harpe (ngombi) se lient au fond, près de la cloison derrière laquelle parlent les esprits » .  

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Sources :

L’HOMME D’OUTRE-MER , Collection publiée par le Conseil supérieur des Recherches sociologiques d’outre-mer et par l’Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer Nouvelle Série N° 6, Hubert DESCHAMPS, Gouverneur E, R., Directeur des Sciences humaines à l’Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer, Chargé de mission par le Centre National de la Recherche Scientifique, TRADITIONS ORALES ET ARCHIVES AU GABON, Contribution à l’ethno-histoire, ÉDITIONS BERGER-LEVRAULT 5, rue Auguste-Comte PARIS (VI) 1962.

Un homme, un pays, EL-HADJ OMAR BONGO, LE GABON, Collection : Etats africains d’hier à demain, Les Nouvelles Editions Africaine.


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