Rédigé par l’équipe de Miboue
Établi à l’est du Gabon — principalement dans la province du Haut-Ogooué (notamment à Okondja et Ondili, non loin de Franceville) — ainsi qu’en République du Congo, le peuple Obamba (dont le pluriel est Ambama) est une communauté bantoue profondément ancrée dans l’histoire et le patrimoine culturel de l’Afrique centrale. Souvent rattaché au grand groupe des Mbede-Teke ou longtemps assimilé par certains aux Kota, il possède une identité riche, marquée par l’art du métal et le culte des ancêtres.

1. Identité et ancrage linguistique
Le peuple Obamba s’exprime en lembaama (ou obamba, lambama), une langue bantoue dont la communauté de locuteurs s’élevait à environ 25 000 personnes au début des années 2000 (répartie entre le Congo et le Gabon), aux côtés de l’usage partagé du français.
La cohabitation avec les populations voisines a favorisé de nombreux échanges culturels. Aujourd’hui, il n’est pas rare de croiser des groupes différents au sein d’un même village, où le lembaama sert souvent de langue véhiculaire. Des mariages mixtes unissent également ces communautés, tandis que les associations coutumières et les organismes de régulation sociale — tels que le ndjobi, le culte Mademoiselle et le ngo — témoignent de ces influences croisées.

2. Le cuivre, symbole de richesse et secret minier
Jusqu’au début du XXe siècle, le cuivre et le laiton constituaient les principaux indices de richesse et de prestige pour les Obamba.
Ces métaux précieux trouvaient leur origine dans des gisements que les anciens habitants du Gabon avaient découverts et jalousement gardés secrets, protégeant leurs sources minières le plus longtemps possible, y compris en pleine période coloniale. L’utilisation de ces métaux rares dans l’artisanat était ainsi la marque visible d’une prospérité communautaire.
3. Le culte des ancêtres et l’art des reliquaires
À l’instar d’autres peuples du Gabon (comme les Kota avec le Bwiti, les Fang avec le Byeri, ou encore les Mitsogho avec le bumba), les Obamba pratiquaient le culte des reliques familiales.
Le sanctuaire des ancêtres : Les ossements des fondateurs du clan étaient soigneusement déposés dans un panier ou une boîte placés dans une case-sanctuaire à l’abri des regards. Ce panier était surmonté d’une figure de bois à placage de cuivre, faisant office de gardien de la prospérité et de protecteur de la communauté.
À l’occasion de rituels propitiatoires ou de cérémonies d’initiation, ces reliques étaient sorties pour renouer le lien avec les défunts. L’ethnologue Louis Perrois a souligné l’importance de ces icônes, telles que le célèbre mbulu-ngulu chez les Kota, véritables outils de communication entre vivants et morts.
L’exposition présentée en 2017-2018 au Musée du quai Branly à Paris a mis en lumière les fortes similitudes entre ces figures, permettant à Louis Perrois de classifier les reliquaires Obamba en quatre grands types :
- Ceux à plaques et lamelles des Obamba du Nord
- Ceux de la vallée de la Sébé
- Ceux à plaques des Obamba du Sud
- Ceux à petit visage en « écu » ou en cœur présentant un certain naturalisme
4. Personnalités marquantes
Le peuple Obamba a contribué de manière significative à la vie politique, administrative et financière du Gabon à travers plusieurs grandes figures de son histoire contemporaine :
- Marie Madeleine Mborantsouo, ancienne présidente de la Cour Constitutionnelle
- Jean-Pierre Lemboumba-Lepandou
- Jérôme Okinda, ancien ministre des Finances
- Paul Toungui, ancien ministre des Finances
- Jean Félix Mamalepot, ex-gouverneur de la BEAC
- Elvis Ossindji, ancien ministre des Mines et de la Géologie
- Ludovic Ognagna Ockogho, ex-censeur de la BEAC


