
D’après une tradition commune aux deux tribus, les Adyumba seraient un clan détaché de la tribu des Mpongwè.
Les Adyumba sont établis dans la région du Moyen-Ogoouè, district de Lambaréné, répartis en deux villages, Arévoma et Akombya, situés au bord du lac Azingo (canton lacs Nord). Le premier européen qui fait mention des Adyumba est l’anglais T. E. Bowdich dans son ouvrage : « Voyage au Rio-Gabon.
Il eut l’occasion de les visiter durant les quelques semaines qu’il passa au village Mpongwè de Nghango, chez le roi George Rassondji, ou King George, en 1815.
D’après lui, les Adyumba formaient à cette époque un royaume composé de quelques villages, dont Arévoma et Boualè.
Le premier de ces villages existe encore à l’heure actuelle, bien qu’il soit complètement inondé aux grandes crues du fleuve. Les habitations sont construites sur des pilotis auxquels on attache les embarcations pendant les crues.
La tribu des Mpongwè, comme on l’a vu, se trouvait déjà sur la côte à l’arrivée des Portugais. Elle s’étendait des environs du Cap Estérias aux abords de la baie de Nazareth (embouchure de l’Ogoouè). C’est dans ces parages à l’extrémité sud du pays que se trouvait le clan des Adyumba. Leur principale agglomération était le village d’Izambé dans la rivière Mpèmbè fondé autrefois par Ronombo (Izambé-Ronombo). Là résidait le roi Répéké.
A leur suite, arriva, à une époque difficile à préciser, une autre tribu, celle des Orungu alors appelés Ombèkè. Les relations entre les deux peuplades furent d’abord amicales. On dit même que les Orungu envoyaient leurs jeunes gens chez les Adyumba pour les faire initier à divers arts qu’ils ignoraient : construction de pirogues, sparterie et poterie, etc…
Ces jeunes gens, revenus dans leurs villages, se mettaient à parler l’omyènè qu’ils avaient appris chez leurs voisins, si bien qu’à la longue le nouvel idiome remplaça leur idiome maternel. Puis un jour les choses se gâtèrent et l’on en vint à se battre. Un notable orungu, ayant disparu dans une partie de chasse, ses compatriotes accusèrent les Adyumba de l’avoir tué. D’où déclaration de guerre. Au début des hostilités, les Adyumba furent d’abord vainqueurs. Mais, sur la foi de leur grand sorcier, Ogang’Orungu, qui leur promettait la victoire, les Orungu revinrent à la charge. Pour surprendre leurs ennemis, ils usèrent d’un stratagème : ils se couvrirent le corps de plumes blanches afin d’être pris au loin pour les pélicans et d’approcher plus facilement du village, à la tombée de la nuit.
Les Adyumba, vaincus et poursuivis à travers forêts et savanes, arrivèrent ainsi au lac Azingo, le « lac des misères Ù. Une autre version dit que ce fut l’extermination complète, à tel point que, selon la légende, il ne resta qu’un homme et sa sœur. Ils se refugièrent, emportant avec eux quelques ustencils de cuisine, un plant de bananier et une tige de manioc, sur le bras de l’Ogooué appelé la petite rivière ) (Orèmbo Omwango) et firent souche au village d’Arévoma, « endroit que l’on ne doit montrer à personne C’est d’eux que descendraient les Adyumba d’aujourd’hui qui se reconnaissent toujours comme de vrais Mpongwè. Il est fort probable que ce clan ne fut pas le seul à souffrir de cette guerre, car les Orungu poussèrent leur conquête jusqu’à la rivière Awanyè où ils fondèrent le village d’Angola et jusqu’aux plaines, au sud de la Mbilagone.
Les Adoni, famille Mpongwè que l’on donne comme une branche des Adyumba, eurent aussi à reculer devant les vainqueurs jusqu’au confluent du Rèmbouè et de cette rivière, où a commencé leur généalogie.
Les Adyumba parlent l’omyènè. Leur dialecte (édumbyani) se rapproche d’avantage dit langage des Mpongwè (évonguani) que les dialectes parlés par les Galoa (egaluani), les Orungu (erunguani) ou les Nkomi (egomyani).
Jadis chaque tribu était plus ou moins spécialisée dans tel ou tel artisanat ; les Baduma et les Mitsogo excellaient dans la confection de tissus de raphia (ibongo), les Ngowè dans le tissage des nattes fines à franges (tava yi Ngowè), les Batsangui dans le travail du fer (imyanga).
Ainsi jusqu’à ces derniers temps, les Adyumba étaient renommés comme fabriquants de poterie (ambono). Voici quelques-uns de leurs termes techniques
le potier : omèni w’ambono
une poterie : ambono, va y’ambono, terre à poterie : l,wono, iwono gni mèndè
terre blanche, kaolin : ntoï, pétrir de l’argile : ma iwono, tourner la poterie : ming’øwono ouminge ntoï.
Cantonnés dans leur coin, les Adyumba ne semblent pas avoir été de grands marchands d’esclaves, comme leurs voisins les Enenga et les Galoa, qui tenaient le monopole de ce trafic dans la Ngouniè et le Haut-Ogowè. Leurs transactions commerciales ont dû s’opérer surtout avec leurs frères de race, les Mpongwè (Agulamba) du bas Rèmbouè, avec lesquels ils pouvaient communiquer facilement par le lac Azingo, la voie terrestre d’Agondjo et le cours de la rivière. Rien n’indique non plus que des équipes de pagayeurs adyumba aient pris part aux diverses explorations du Haut-Ogoouè qui ont eu lieu entre 1866 et 1883.
Les chefs adyumba conclurent probablement ainsi des traités avec les autorités françaises, lorsque le Lieutenant de vaisseau Aymès, commandant le « Pionnier », envoyé en mission par l’Amiral Fleuriot de Langle, reconnut le Fernan-Vaz et le Bas-Ogoouè jusqu’au confluent de ce fleuve avec la Ngouniè.
Les Adyumba sont connus pour leur bonne cuisine. Les points forts de cette cuisine sont les entrées, les apéritifs, la cuisson au four. Dans le passé, ils ont été les seuls à être en contact avec les Européens sur la côte et cela leur a permis d’évoluer dans ce domaine. Contrairement à la cuisine des autres ethnies qui se développe souvent sur la base d’une cuisson de viande de brousse, celle des Adyumba et Myene est plutôt une cuisine d’aliments frais, fortement mixée avec la cuisine créole. Leur spécialité est la sauce de crabe pimentée.
À l’instars des autres sous-groupes Ngwėmyènè, les Adyumba ont de nombreuses danses qu’ils exécutent dans de nombreuses cérémonies (Mariage, naissance, Initiation..) Parmis ces danses il y a l’Ekonda, Elombo, Ivanga, Obwiri.
Les Adyumba sont aussi connus pour leur cuisine riche en produits halieutiques.
Noms Adyumba :
Alewina, Itanda, Ndoguino, Nouhando, Kowet, Nambo, Renkongo, Rekoula, Rogondjo, Edowiza, Alamba, Reningo, Adjayeno, Ogowet, Ambenga.
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Sources:
BOWDICH. – o. C.
MÉMOIRES DE L’INSTITUT D’ÉTUDES CENTRAFRICAINES BRAZZAVILLE, ABBÉ ANDRÉ RAPONDA WALKER, NOTES D’HISTOIRE DU GABON avec une introduction, des cartes et des notes de Marcel SORET, Maître de Recherches de l’O.R.S.T.O.M., IMPRIMERIE CHARITÉ, MONTPELLIER, 1960

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