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On trouve d’autres confréries ailleurs, assez analogues quant à leur rôle et aux formes des manifestations : c’est le Ngil et le So des Fang du NordGabon ; le Mvviri des peuples du Sud-Gabon, y compris les Masango ; le Mungala et le Ngoy des Bakota; le Ndjobi des Mindassa et Obamba, etc.

Parallèlement, les femmes sont groupées dans des confréries destinées à les prendre en charge dans leur rôle de mère et d’épouse, accessoirement à les défendre de la brutalité des hommes. C’est le Ndjembé des des Myènè,  l’ Ombwiri,  et le Lisimbu des Bakota. L’initiation est surtout un apprentissage de la sexualité et de la maternité. De plus, les confréries ont un rôle important pour la thérapie et la protection contre la sorcellerie.

Nous verrons plus avant que tous ces groupes utilisent des matériels rituels, souvent décorés et parfois même sculptés (statuettes, planchettes gravées, manches décorés, etc.).

Enfin, il faut se rendre compte de l’importance primordiale du culte des morts. Celui-ci se manifestait à la fois au niveau de la farnille et des confréries: les reliques (crânes, fragments d’os humains) servaient dans des cérémonies propitiatoires, voire expiatoires, et souvent aussi dans des manifestations liées à la contre-sorcellerie.

Ce culte a donné lieu à toute une statuaire qui est un des plus beaux fleurons de l’art du Gabon : statuettes du Byéri des Fang, Mbulu Ngulu des Obamba et apparentés, Mbumba des Masango.

Les peuples du Gabon étaient profondément religieux et imprégnés de l’idée que l’homme avait un dialogue constant à maintenir avec l’au-delà et les morts. Etre de chair et d’esprit, il participe de plain-pied au complexe cosmique dont le monde d’ici-bas, la nature, n’est qu’un des aspects.

Ces appétits de croyances religieuses expliquent en partie la circulation des types de masques, des cultes, des motifs symboliques, des langues mêmes (le culte synchrétique du Bwiti des Fang a conservé la langue des Mitsogho comme véhicule de la parole sacrée).

Le sacré est donc un peu partout, parfois banalisé, mais toujours symbolique. Rien n’est dû au hasard, ni la naissance, ni la mort. Esprits familiers, esprits des ancêtres ou monstres effrayants de la nature, fantômes de morts mécontents ou même doubles des vivants, l’immense peuple des ombres est omniprésent dans la vie quotidienne des vivants.

Et l’art, la sculpture particulièrement, participe pleinement à cet élan mystique constamment renouvelé dans la mesure où il est un des supports symboliques privilégiés de ces croyances, comme le sont également la musique, la danse et la littérature orale. 

Source :

Louis Perrois, art ancestral du gabon dans les collections du musée barbier-mueller photographies pierre-alain ferrazzini, genève


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