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Source: Carnet de Voyages de Jean Lou

Les cavités des plateaux dolomitiques de la région de Lastoursville.

C’est la zone karstique la mieux étudiée du Gabon, depuis la première expédition spéléologique menée par le géologue de Comilog, G. Delorme à la fin des années 70. Comilog était à la recherche de dolomie de qualité dans le cas où une usine de transformation de minerai de manganèse en ferromanganèse verrait le jour.

Au cours de plusieurs campagnes de terrain, l’équipe a topographié quelques cavités (Pahon, Lipopa, Kessipougou,…) et a recensé plus de 30 cavités (Delorme 1979). En 1992 une expédition axée plus sur la préhistoire de ces cavités a révélé des présences humaines vieilles de plus de 5000 ans dans la grotte de Pahon (Oslisly et al. 1994).

En 2003 la fouille archéologique de la grotte de Pahon montre une stratigraphie vieille de 7000 ans. En 2005 les grottes de Lastoursville ont été inscrites sur la liste indicative au Patrimoine mondial de l’Unesco. Depuis 2013 trois expéditions pluridisciplinaires financées par Comilog dans le cadre de l’étude d’impact environnementale de la carrière de dolomie de Lastoursville et du programme de gestion environnemental qui en découle.

L’expédition de 2013 a montré que le patrimoine souterrain proche de la carrière était remarquable et qu’il était primordial de développer des études scientifiques pluridisciplinaires sur la région karstique de Lastoursville (Testa & Oslisly 2013). Les expéditions de 2015 et 2016 ont confirmé la richesse de ce patrimoine avec la découverte de nouvelles espèces cavernicoles dont un poisson chat, une nouvelle grenouille, un grand nombre d’insectes de sol, mais aussi des peintures et gravures rupestres.

Chaque cavité est topographiée, photographiée, étudiée en termes de biodiversité souterraine, de diversités culturelles à travers les patrimoines archéologique et historique ; chaque grotte a ainsi sa fiche de renseignement complète. Ce travail scientifique permettra dans un proche avenir, de constituer un dossier conséquent pour que les grottes de Lastoursville puissent être classées en tant que Géoparc afin de répondre aux critères de  l’Unesco.

Le géoparc est un espace territorial présentant un patrimoine géologique d’importance internationale dans lequel des actions de protection et de valorisation de sites d’intérêt géologiques y sont.

Sources :

Arribart Y., Luschevici O., Mesnier G. & Testa O. 2009. Expéditions Spéléologiques 2007 et 2008 au Gabon, Environs de Tchibanga. In Frost T. & Testa O. Eds., Berliner Höhlenkundliche

Berichte, 36, 22-39. Delorme G. 1979. Recherches spéléologiques dans l’est du Gabon, Spelunca, n°4, 151-160.

Marescaux G. 1973. Les grottes du Gabon nord-oriental : un «Karst» dans l’oxyde de fer et la silice. Bulletin de l’Association des géographes français, 50, n°410, 607-618.

Oslisly R., Pickford M., Dechamps R., Fontugne M. & Maley J. 1994. Sur une présence humaine mi-holocène à caractère rituel en grottes au Gabon. Comptes rendus de l’Académie des Sciences de Paris, t.319, II, 1423-1428.

Oslisly R. & Peyrot B. 2007. Patrimoine souterrain : les grottes du Gabon. Total Gabon.

Peyrot B. & Massala J. 1987. Contribution à l’étude des systèmes karstiques gabonais ; les réseaux souterrains de la région de Lebamba. Gabon. Karstologia 9, 37-43.

Peyrot B. & Oslisly R. 2008. Les grottes à stromatolithes du Sud Gabon : des sites paléontologiques exceptionnels (Province de la Ngounié). Karstologia, nº 52, 17-20.

Rouquette G. 1952. Deux grottes au Gabon. Annales de spéléologie t.VII, n°2, 111-114.

Testa O., Oslisly R., Sebag D., Shirley M. & Decaëns T. 2011.

Crocodiles des cavernes. Spelunca, n°124, 41-43.

Testa O. & Oslisly R. 2013. Sous la jungle reste le mystère, Spéléo

Magazine, n° 84, 36-37.


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