
La région Ngounié / Nyanga correspond à un vaste synclinorium daté de 750-600 Ma qui se développe du Gabon à l’Angola, à travers le sud du Congo et le sud ouest de la RDC.
Les séries schisto-calcaires et dolomitiques recèlent de nombreuses grottes et cavités ainsi que tout un système souterrain très largement inexploré. L’existence d’un karst ennoyé inconnu est d’ailleurs attestée par les nombreuses résurgences comme les lacs bleus de Mouila ou de Ndendé.
On découvre les étendues planes des dépressions de la Ngounié, de la Nyanga avec son attribut principal la Moukalaba Dougougou, qui sont dominées par le plateau gréseux de l’Ikoundou.
Ces plaines sont parsemées de dolines (Fig.6) qui sont des dépressions circulaires mesurant d’une dizaine de mètres à plusieurs centaines de mètres de diamètre.
C’est la dissolution des calcaires de surface qui conduit à leur formation ; leur fond est souvent occupé par des argiles de décalcification fertiles et plus ou moins imperméables. Les grottes s’ouvrent généralement à la base des escarpements rocheux, ou des buttes calcaires et dolomitiques soit par des ouvertures discrètes, souvent masquées par la végétation, (Ndongou, Yengué, Bongolo,) soit par des porches, relativement grand comme celui de Malébé près de Lébamba.
Les galeries sont planes, de section elliptique, avec des parois lisses ou alvéolées, recouvertes par endroit de coulées stalagmitiques liées à des suintements de la roche. Les conduits sont uniques (grotte de Ntsona) ou alors ils se recoupent, formant un labyrinthe (grottes de Bongolo ou de Mbenaltembé).
La plupart de ces grottes ont été creusées par des cours d’eau souterrains, dont le lissé des parois, les coupoles en sont les témoins.
Les cavités de la vallée de la Nyanga.
C’est grâce à deux expéditions spéléologiques tenues en 2007 et 2013 que certaines cavités de la région de Tchibanga ont été répertoriées (Arribart et
al. 2009). A 4 km du centre ville de Tchibanga, à moins de 200 mètres du nouvel hôpital on peut apprécier le réseau de grottes de Mavoundi cachées Figure 6. Doline du parc national de Moukalaba Doudou avec un troupeau de buffles (Photo J.P. Wande Weghe)
Sources :
Arribart Y., Luschevici O., Mesnier G. & Testa O. 2009. Expéditions Spéléologiques 2007 et 2008 au Gabon, Environs de Tchibanga. In Frost T. & Testa O. Eds., Berliner Höhlenkundliche
Berichte, 36, 22-39. Delorme G. 1979. Recherches spéléologiques dans l’est du Gabon, Spelunca, n°4, 151-160.
Marescaux G. 1973. Les grottes du Gabon nord-oriental : un «Karst» dans l’oxyde de fer et la silice. Bulletin de l’Association des géographes français, 50, n°410, 607-618.
Oslisly R., Pickford M., Dechamps R., Fontugne M. & Maley J. 1994. Sur une présence humaine mi-holocène à caractère rituel en grottes au Gabon. Comptes rendus de l’Académie des Sciences de Paris, t.319, II, 1423-1428.
Oslisly R. & Peyrot B. 2007. Patrimoine souterrain : les grottes du Gabon. Total Gabon.
Peyrot B. & Massala J. 1987. Contribution à l’étude des systèmes karstiques gabonais ; les réseaux souterrains de la région de Lebamba. Gabon. Karstologia 9, 37-43.
Peyrot B. & Oslisly R. 2008. Les grottes à stromatolithes du Sud Gabon : des sites paléontologiques exceptionnels (Province de la Ngounié). Karstologia, nº 52, 17-20.
Rouquette G. 1952. Deux grottes au Gabon. Annales de spéléologie t.VII, n°2, 111-114.
Testa O., Oslisly R., Sebag D., Shirley M. & Decaëns T. 2011.
Crocodiles des cavernes. Spelunca, n°124, 41-43.
Testa O. & Oslisly R. 2013. Sous la jungle reste le mystère, Spéléo
Magazine, n° 84, 36-37.

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