Rédigé par l’équipe de Miboue
Frank Obiang n’est pas du PK9. Il est de partout. Et c’est ça qui l’a perdu.
CHAPITRE 1 : OYEM – WOLEU-NTEM (8 à 15 ans) – Là où tout commence
Frank grandit à Oyem, capitale du Woleu-Ntem, chez ses parents Fang.
- À 8 ans : « Maman, le maître d’école d’Angone a dit qu’il faut 5.000 pour le livre de Fang. » Le livre est gratuit à l’école catholique. Il garde l’argent pour acheter des mangues au marché d’Oyem.
- À 12 ans : « Papa, on m’a volé mon sac à la gare routière d’Oyem, il faut 20.000. » Personne ne l’a volé. Il l’a vendu à un commerçant de Bitam.
- À 15 ans : « Maman, un vieux du village d’Akoakam m’a maudit, il faut 50.000 pour le Bwiti. » Il n’y a pas de malédiction. Il y a juste un gamin d’Oyem qui vient de comprendre : si tu fais peur, tes parents payent.
Ses parents d’Oyem payent. Ils disent : « C’est notre fils, il ne ment pas. » Ils viennent de financer sa future prison.
CHAPITRE 2 : LAMBARÉNÉ – MOYEN-OGOOUÉ (20 ans) – L’arnaque à la pitié
À 20 ans, Frank part étudier à Lambaréné, au bord de l’Ogooué, en Moyen-Ogooué.
Il change de méthode. Il ne fait plus peur. Il fait pitié. Il rencontre des femmes infirmières de l’hôpital Schweitzer.
« Bébé, je t’aime, je veux te doter, mais ma mère est malade à Oyem, il faut 200.000 pour l’envoyer à l’hôpital de Lambaréné. »
Il dit ça à 3 filles différentes le même mois. Elles envoient. L’Ogooué emporte l’argent.
CHAPITRE 3 : PORT-GENTIL – OGOOUÉ-MARITIME (25 ans) – L’arnaque au pétrole
Frank arrive à Port-Gentil, capitale économique, Ogooué-Maritime. Là-bas, tout le monde rêve de pétrole. Frank a l’idée parfaite.
« Boss, je travaille à Total, j’ai un conteneur de tuyaux bloqué au port de Port-Gentil. Si tu me prêtes 500.000 aujourd’hui, je te rends 1.500.000 demain. »
Le conteneur n’existe pas. Il n’a jamais mis les pieds à Total. Mais à Port-Gentil, 500.000 c’est rien pour un rêve de pétrole. Il escroque 6 hommes en deux semaines. 3 millions. Il achète une voiture. Il brille à la plage du Cap Lopez.
CHAPITRE 4 : FRANCEVILLE – HAUT-OGOOUÉ (28 ans) – L’arnaque à la terre
Frank fuit Port-Gentil parce que les gars le cherchent. Il arrive à Franceville, Haut-Ogooué, chez les Altogovéens. À Franceville, la terre est moins chère. Il a une nouvelle idée :
« Je vends ma plantation de manioc de ma grand-mère à Bongoville, 800m2, 2 millions seulement, papier de la mairie de Franceville inclus. »
La plantation n’est pas à lui. C’est celle de Maman Koussou de la Ngounié. Il vend le même terrain à 4 personnes différentes. Avec 4 faux papiers. Il prend 8 millions. Il croit qu’il est intouchable. Il a oublié que le Haut-Ogooué est la province la plus solidaire du Gabon. Les 4 acheteurs se connaissent au marché de Potos.
CHAPITRE 5 : MOUILA – NGOUNIÉ (30 ans) – Le retour chez Maman Koussou
Il fuit Franceville. Il se cache à Mouila, en Ngounié, le village d’origine de Maman Koussou. Il pense que personne ne le connaît là-bas. Erreur. À Mouila, les femmes Punu ne jouent pas avec l’argent.
Il tente son coup sur une commerçante : « Maman, j’ai besoin de 300.000 pour mon enfant malade à Libreville. »
La commerçante, une vieille Punu de la Ngounié, le regarde et dit : « Mon fils, toi tu es le petit d’Oyem qui a vendu la terre de Maman Koussou ? On t’attendait. » Elle appelle tout le quartier.
CHAPITRE 6 : LIBREVILLE – ESTUAIRE – PRISON CENTRALE, GROS-BOUQUET
En une semaine, toutes les plaintes du Gabon se rejoignent à Libreville, Estuaire :
- Plainte d’Oyem (Woleu-Ntem)
- Plainte de Lambaréné (Moyen-Ogooué)
- Plainte de Port-Gentil (Ogooué-Maritime)
- Plainte de Franceville (Haut-Ogooué)
- Plainte de Mouila (Ngounié)
12 plaintes au total. 15 millions de francs CFA escroqués. Au Tribunal de Libreville, le juge assène :
« Monsieur Frank Obiang, vous avez commencé à Oyem avec 5.000. Vous avez traversé le Moyen-Ogooué, l’Ogooué-Maritime, le Haut-Ogooué, la Ngounié. Vous avez cru que changer de province effaçait vos mensonges. Mais le Gabon est petit. Et Gros-Bouquet est encore plus petit. Vous avez fini votre tour du Gabon ici. »
Condamnation : Prison Centrale de Libreville.
De Woleu-Ntem à l’Estuaire, en passant par 4 autres provinces, Frank a fait le tour du Gabon en escroc. Il a fini son tour au même endroit que tous les escrocs du Gabon : Gros-Bouquet.
LA LEÇON DE MORALE
Frank Obiang a cru que changer de lieu changeait son destin. Il a eu tort. Tu peux changer de province, mais tu ne peux pas changer de réputation.
L’Ogooué de Lambaréné coule jusqu’à Port-Gentil. La route de Franceville mène à Mouila. Et la route de Mouila mène toujours à Libreville. Et à Libreville, il y a Gros-Bouquet. Un petit mensonge à Oyem devient une grosse prison à Libreville. Toujours.

NOS CONSEILS :
- Pour les parents de Woleu-Ntem à Nyanga : Si ton enfant ment pour 1.000 à Oyem, corrige-le à Oyem. Sinon il ira mentir pour 1 million à Port-Gentil.
- Pour les jeunes de Port-Gentil à Franceville : Si on te promet 1 million demain pour 500.000 aujourd’hui, que ce soit à Port-Gentil ou à Franceville, c’est Frank Obiang. Le vrai travail est lent partout au Gabon.
- Pour ceux qui fuient : Fuir de Lambaréné à Mouila ne sert à rien. Rends l’argent. Demande pardon. Travaille. Le Gabon est trop petit pour les menteurs.
Note de la rédaction : Frank Obiang est sorti de prison il y a 6 mois. Il vend désormais des crédits téléphoniques à la gare routière de Libreville. Il dit maintenant : « J’ai menti à Oyem, à Lambaréné, à Port-Gentil, à Franceville et à Mouila. Maintenant je dis la vérité à Libreville. »
#Gabon #WoleuNtem #MoyenOgoue #OgoueMaritime #HautOgoue #Ngounie #Estuaire #FrankObiang #PrisonCentrale
Réservé – Faites connaître votre entreprise, vos services et produits sur miboue.com
Laissez votre avis