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Introduction et cadre géologique

Le terme de Francevillien désigne une série précambrienne non métamorphique affleurant dans la partie occidentale de la plate-forme centre-africaine, sur le territoire de la République du Gabon. Cette formation occupe, dans le bassin du Haut-Ogooué, une superficie approximativement triangulaire d’environ 35 000 km². Sa base longe l’équateur entre 11°40′ et 14°00′ E, tandis que son troisième sommet s’étire vers le sud, aux environs de 2°10’S et 13°40′ E.

L’exploration moderne de cette région s’amorce en 1876 avec les expéditions de P. Savorgnan de Brazza, qui fonde Franceville en 1880. Si les premières reconnaissances géologiques reviennent à Lentz (1877), Barrat (1894, 1895), Arsandaux (1909) et Amstutz (1929), ce sont les travaux pionniers de Babet (1931, 1932), B. Choubert (1935, 1937) et Berge (1939, 1953) qui permettent d’esquisser les grands traits structuraux de la région. L’unité stratigraphique est définitivement officialisée en 1954 par Baud lors de la publication de la notice de la carte géologique de reconnaissance de Franceville-Est.

Intérêt économique et campagnes de reconnaissance

Le Francevillien revêt un intérêt économique exceptionnel en raison de la présence de nombreux indices minéralisés (Mn, U, Fe, Cu, P) et de gisements majeurs en exploitation, parmi lesquels se distinguent :

  • Le gisement d’uranium de Mounana.
  • Le gisement de manganèse de Moanda.

De nombreuses campagnes de prospection géologique, géochimique et minière ont été menées conjointement par le C.E.A., le B.R.G.M., l’I.R.G.M. et la Comuf. Ces travaux ont permis d’établir la cartographie détaillée de Franceville-Ouest et de réviser l’édition de Franceville-Est.

Dans le cadre d’une collaboration entre le C.E.A. et le Centre de Sédimentologie et Géochimie de la Surface de Strasbourg, l’objectif scientifique a consisté à replacer les gîtes minéraux dans leur contexte sédimentologique et paléogéographique global. Cette démarche s’appuie sur des levés de terrain menés entre 1958 et 1963 dans la région de Franceville sensu stricto, élargis par la suite aux secteurs de Lastoursville et d’Okondja.

Paramètres climatiques et hydro-dynamiques régionaux

Le climat de la région s’inscrit dans un régime équatorial de transition australe, particulièrement affirmé à Franceville par rapport à Lastoursville ou Okondja :

  • Pluviométrie : Environ 80 % des précipitations se concentrent en deux saisons des pluies (mars-mai et septembre-décembre). Celles-ci sont entrecoupées d’une petite saison sèche (janvier-février) et d’une grande saison sèche (juin-août) durant laquelle il ne tombe qu’en moyenne 3,5 % des précipitations annuelles. Entre 1936 et 1960, les hauteurs annuelles ont oscillé de 1 177 à 2 333 mm (moyenne de 1 860 mm), sous forme de violents orages (90 à 136 mm en 24 h) pour un total d’environ 127 jours de pluie par an.
  • Thermique et hygrométrie : Les températures moyennes mensuelles oscillent entre 22,6°C et 25,5°C (extrêmes de 12,8°C et 35,3°C). L’humidité relative demeure élevée, proche de la saturation en saison des pluies, et variant de 60 % à 80 % en saison sèche.