
Les Fang, réputés au XIXe siècle pour leur détermination, sinon leur réelle agressivité à l’égard des autres peuples et leur réserve à l’égard des Européens, étaient alors en migration vers le sud-ouest, en direction de l’Estuaire du Komo, à travers les forêts du Sud-Cameroun et du Nord du Gabon.
Les voyageurs, tels le R. P. Thilles ou le capitaine Roche (1901) , relatant leurs missions en pays «Fang», font état de nombreux et forts villages fang, tant au Rio Muni qu’au WoleuNtem.
Le soir à l’étape, le R. P. Trilles indique que la case qu’on a prêtée aux Blancs comporte, au fond, une sorte d’étagère supportant une grosse boîte en écorce cousue et un couple de statues en bois, «grossièrement taillées». Nul doute qu’on les ait installés dans une case de chef de lignage comportant le coin du Byéri.
Les Béti et les Boulou, sans vouloir minimiser leurs aptitudes ou simplement leur goût pour la sculpture, n’ont laissé que des œuvres mineures à côté de l’extraordinaire production des Fangs du Sud (Rio Muni, Sud-Cameroun et Nord-Gabon).
Quelques peuples culturellement et linguistiquement assimilés par l’ensemble fang, se sont révélés comme très doués sur ce même plan de la sculpture, par exemple les Ngoumba et les Mabéa sur la côte camerounaise.
Les Fang du Gabon et de la Guinée Equatoriale se répartissent en un certain nombre de peuples ou de clans dont les principaux sont : les Mtoumou du Sud-Cameroun et du Woleu Ntem; les Okak en Guinée; les Betsi, les plus avancés vers Le Komo et l’Ogooué; enfin les Nzaman, au sud-est, vers I’lvindo.
Etant donné la dispersion de fait des petits groupes en marche à travers la grande forêt, il est certain que sur le terrain, ces divisions n’étaient pas nettes comme les frontières de royaumes par exemple.

Les entités tribales s’interpénétraient largement dans leur mouvement continu vers la mer. Toutefois, région par région, ces pôles ethniques existaient, ainsi que certaines caractéristiques culturelles (par exemple le développement plus ou moins attesté des rituels du So, du Mélan ou du Byéri.
Les différences que nous reconnaissons aujourd’hui sont évidemment des reconstructions logiques, établies à partir de toute une documentation (récits anciens, enquêtes,. témoignages, objets, photos, etc.) dont les éléments ont été systématiquement comparés les uns aux autres.
Cette démarche ethnologique un peu particulière, partie de l’observation des objets pour aboutir à l’homme lui-même, a conduit à une présentation des styles statuaires fang dont je ne reprendrai ici que l’essentiel.

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Source :
Louis Perrois, art ancestral du gabon dans les collections du musée barbier-mueller photographies pierre-alain ferrazzini, genève.

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