
Devenir Mbom-Mvet est un processus initiatique long, difficile et parfois mystérieux. Cette initiation est constituée d’un ensemble d’enseignements pratiques partant de la connaissance de l’instrument de musique harpe à la connaissance mnémotechnique des généalogies et des personnages clés.
L’initiation du Mbom-Mvet implique surtout une dimension ésotérique et mystique. Cette dimension ésotérique n’est jamais dévoilée par les maîtres conteurs de Mvet. Elle part de la consommation des mets spéciaux à l’exécution des rituels sacrés.
Ce processus est une longue succession d’épreuves, de sacrifice de soi et d’ascèse. En cela, l’initiation du Mbom-Mvet se présente surtout comme une quête à la recherche d’un maître réel, un voyage vers la rencontre d’entités et des dieux.
Les grands maîtres Eyi Mone Ndong et Akue Obiang rapportent dans certains de leurs récits ce voyage parsemés de refus et d’échecs. Car, contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne suffit pas de vouloir devenir maître conteur, il faut surtout qu’un grand maître accepte de vous transmettre le Mvet.
Ce qui veut dire qu’on peut être initié assez tardivement à l’âge adulte. Pour ce qui est du maître Eyi Mone Ndong, il rapporte dans une longue lamentation comment il essuya les refus des dizaines de grands maîtres.
De même, de son côté, avant d’être initié par le grand maître Edu Ada, Akue Obiang raconte avec beaucoup d’humilité à quel point les refus des grands maîtres imposent une persévérance.
Certains sont également initiés à leur naissance. Il est dit qu’ils sont nés avec le Mvet. Tout comme ils peuvent être initiés au cours de leur enfance par un maître qui aura repéré des qualités et des talents chez un enfant. C’est par exemple le cas de Mvom Eko dont on dit qu’il fut initié par son père Eko Bikoro, lui-même grand maître conteur de Mvet.
Et une fois initié, le processus est tout aussi long et périlleux pour devenir grand maître conteur. Et cela n’est nullement exclusivement réservé aux hommes comme certains pourraient vouloir le faire croire. Par exemple, Assomo Ngono Ela, une des grandes conteuses de Mvet, est le témoignage de la possibilité pour les femmes d’être initiée au Mvet. D’ailleurs, il semble que l’une des entités ou grandes maîtresses reste Okore/Okot Essila.
Dernier point sur l’initiation du Mbom-Mvet, il faut noter que s’initier au Mvet est finalement une démarche radicale qui peut conduire à devenir marginal ou autre perçu comme tel. Par définition devenir maître conteur de Mvet c’est une exigence de liberté et surtout une quête et soif dévorante de connaissance et de savoir.
Source :
Blog officiel de Täre Évivi Nguema. Consulté le 16.04.2024.

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