
Elles épousent grossièrement la forme d’un U à branches allongées et de largeurs inégales. La Série Schiste-calcaire qui les constitue est Précambrienne. Il s’agit de surfaces de faible relief, dont l’altitude moyenne dépasse de peu les 100 m, avec quelques rides liées à la structure géologique s’élevant jusqu’à 200 m.
Seuls les niveaux inférieurs de la Série constituent parfois de fortes collines, en bordure du Massif du Chaillu, dans lesquelles la N’Gounié a surimposé son cours. Le soubassement à dominante calcaire est responsable d’accidents et de formes dus à des phénomènes karstiques bien caractérisés.
Les résurgences, assez fréquentes, alimentent quelques petits lacs, des pertes plus rares sont signalées dans quelques rivières de la plaine de Tchibanga. Les collines sont percées de grottes nombreuses. L’influence essentielle des phénomènes karstiques sur l’ensemble du relief réside dans la constitution de dolines fermées ou à exutoire temporaire.
Très nombreuses en certains endroits, les dolines provoquent alors une étroite dissection du relief en un moutonnement de petites collines. Partiellement colmatées par des produits argileux, les dolines constituent de petits lacs permanents ou temporaires, ou plus simplement des marécages parfois inondés.
La savane occupe la plus grande partie des plaines schiste-calcaires, la forêt ne s’est maintenue que dans leur partie nord. AURREVILLE a donné de ces plaines une description imagée : « ce sont des plaines faites de bosses et de creux, comme un ancien champ de bataille ravagé par les obus».
Aplanissement général et microdissection du relief par les phénomènes karstiques sont leurs traits essentiels.
Après leur sortie du Massif du Chaillu, N’Gounié et Nyanga drainent les plaines schiste-calcaires puis, pour trouver leur débouché vers le littoral, doivent surimposer fortement leur cours dans les reliefs montagneux jeunes raccordant Mayombe et Monts de N’Djolé pour la N’Gounié, ou dans ceux du Massif d’Ikoundou et du Mayembo pour la Nyanga.
Les plaines schiste-calcaires, isolées de la région littorale proprement dite par la chaîne du Mayombe, se sont cependant établies à un même niveau qu’elle, grâce à la forte surimposition des cours d’eau. Elles appartiennent bien au système des surfaces basses qui définissent le « compartiment littoral » en dépit de la discontinuité introduite par le Mayombe.

Source :
Cah. ORSTOM, sér. Pédol., vol. VI, no 1, 1968, NOTES DE PÉDOLOGIE GABONAISE, V, GÉOMORPHOLOGIE ET PÉDOLOGIE DANS LE SUD GABON,
DES MONTS BIROUGOU AU LITTORAL par Y. CHATELIN

Laisser un commentaire