
Les Plateaux Batéké, situés à l’extrémité sud-est du Gabon dans la province du Haut-Ogooué, constituent un ensemble géographique et culturel d’une singularité exceptionnelle.
Un relief et une géologie singuliers
Ce vaste territoire, qui s’étend sur environ six millions d’hectares jusqu’en République du Congo, se distingue par ses dômes de grès recouverts de sables anciens, rappelant les formations du désert du Kalahari.
Les altitudes oscillent entre 350 et 930 mètres, offrant des paysages de savanes herbeuses entrecoupées de galeries forestières, un contraste saisissant avec la forêt équatoriale prédominante dans le reste du pays.
Le Parc National des Plateaux Batéké
Élément central de la région, le Parc National (PNPB), créé en 2002, couvre 2 050 km². En 2026, il s’affirme comme un sanctuaire de biodiversité où cohabitent :
- Une faune emblématique : On y observe des éléphants de forêt, des gorilles et des espèces de savane comme le Ntsa (céphalophe de Grimm).
- Des curiosités géologiques : Les célèbres canyons de Léconi, aux teintes ocre et rouge, offrent des panoramas pittoresques dignes d’œuvres picturales.
Une terre de culture et d’histoire
Les plateaux tirent leur nom du peuple Téké, dont la présence séculaire a façonné l’identité de la région.
- Héritage artisanal : Historiquement reconnus comme d’habiles forgerons, les Batéké exploitaient le fer et le raphia, alimentant autrefois d’importants réseaux commerciaux vers les côtes.
- Traditions vivantes : En 2026, la région demeure imprégnée de rites ancestraux, tels que les danses du masque ngontié ou les polyphonies m’belo, qui témoignent d’un lien indéfectible entre la communauté et sa terre.
Enjeux contemporains
La zone des plateaux est aujourd’hui au cœur d’une stratégie de tourisme durable. Le gouvernement gabonais y promeut un écotourisme alliant la valorisation des richesses naturelles à la préservation du patrimoine culturel local, tout en gérant l’exploitation des ressources minières, notamment le manganèse présent dans le sous-sol.
Les sables Batéké se trouvent sur des «hautes collines».
Ce n’est qu’au Congo qu’existent de véritables plateaux à sommets horizontaux (plateaux de Djambala, de Koukouya, etc.).
Les «hautes collines» dominent le Francevillien de 200 à 250 m.
Leurs sommets culminent entre 600 et 700 m et les dénivelées avec les fond des vallées sont de l’ordre de 150 à 200 m.
En travers, ces reliefs ont donc la forme de croupes puissantes, à sommets arrondis, à pentes parfois fortes et à vallées profondes.
Les sables Batéké sont très sensibles à l’érosion et l’on note de belles « Lavakas» (amphithéâtres d’érosion) notamment à 40 km au Nord-Est de Léconi et sur la frontière du Congo, où l’entaille dans les sables jaunes fait apparaître vers 30 m de profondeur les grès runiformes.
Morphologiquement, l’ensemble des Plateaux Batékés est un vaste plateau profondément disséqué par l’érosion récente, qui repose sur le socle archéen à paléoprotérozoique, et dont la dénivelée moyenne par rapport au socle varie de 200 à pres de 350 m le réseau hydrographique actuel a creusé de profonds canyons et des cirques aux pentes très abrupts, entrainant une partie des sables vers le Bassin de l’Ogooué.
Sur la bordure occidentale du plateau, le contact entre la couverture sableuse et le socle montre une altitude qui varie faiblement entre 400 et 460 m.
Le profil topographique moyen du socle présente des variations de grandes longueur d’onde et de très faible amplitude altimétrique (environ 60 m), qui témoignent de l’existence d’une paléo surface pénéplanée à la base du plateau.
Il est probable que les principales rivières ont creusé les sables sur toute la hauteur du plateau, coulant désormais au toit de la pénéplaine initiale.
Les plateaux Batékés se présentent comme un ensemble sableux très récent posé sur une paléo surface.
Les sables des Plateaux Batékés sont généralement peu cohérents et alimentent d’importantes colluvions nappant les versants.
Des passées plus indurées forment quelques falaises qui présentent parfois à leur base des vastes cavités.
La lithification inégales favorise l’érosion éolienne.
Dans les zones non masquées par les colluvions, les affleurements montrent des grès tendres, de grains fins à moyens, mal classés, à grains ronds mats, disposés en bancs pluridécimétriques à laminations obliques communes.
Les profondes ravines « du canyon de Léconi permettent l’observation de stratifications obliques d’échelle décamétrique à caractère éolien.
Les sables y offrent des teintes d’altération blanches à lie-de-vin. Vers le haut, les teintes deviennent uniformément jaunes à orangées, mais ceci résulte du recouvrement des sables par un horizon limoneux plus récent constant à l’échelle du pays qualifié de limons éoliens (Thiéblemont D. et al, 2009).
Les reliefs dominants au niveau des plateaux Batéké sont des collines en demi-orange et des cirques d’érosion.
Les plateaux batéké se déroulent sur 500 km. du Nord au Sud et 250 de l’Ouest à l’Est. Ils offrent essentiellement l’aspect de vastes plate-formes d’une altitude de 600 à 800 mètres au revêtement de sable, domaine de la savane. Cette piste qui court toute droite parmi les hautes herbes, ce semis de petits arbres au tronc mince, ces horizons sans limites font songer sous une latitude.

Quand le plateau se dissout en collines, ces croupes herbeuses verdissant à la saison des pluies, piquetées d’arbustes dont le port est celui du pommier, semblent un verger; ailleurs, sur tel versant plus escarpé où l’herbe pousse drue et fraîche, on ne s’étonnerait presque pas d’entendre, comme sur quelque haut pâturage, les sonnailles d’un troupeau transhumant.
D’une altitude modeste, les plateaux Batéké (au Sud-Est du Gabon) sont une unité géomorphologique essentiellement formée de sable et de grès récents (âge Tertiaire). Ce relief présente une surface ondulée autour de Léconi, mais beaucoup plus accidentée au sud ou l’altitude atteint 830 m contre 550 à 600 m plus au nord.
Les cours d’eau ont disséqué profondément ces plateaux, façonnant en bordure des cirques d’érosion. Ainsi, la Léconi coule dans une large vallée en auge amorcée sur des amphithéâtres d’érosion (les cirques de Léconi).
Les Plateaux Batéké forment une région tout à fait unique au Gabon: au milieu de la grande forêt dense équatoriale du bassin du Congo apparaissent soudainement des dunes géantes, couvertes de savanes plus ou moins arborées et entaillées de cours d’eaux sinueuses et souvent cristallines, bordées de galeries forestières.
A la périphérie du parc, les cirques d’érosion des plateaux les plus connus, canyon rose de Léconi, canyon blanc de Lewou et canyon vert d’Edjangoulou, surgissent au milieu de ce paysage vallonné à perte d’horizon comme un don de la nature.

Dernier refuge de la faune de la région des Téké, ils regroupent l’une des plus grande diversité d’oiseaux au Gabon et de gorilles coutumiers à l’homme.
On y trouve une espèce présente uniquement dans ce milieu : le céphalophe de Grimm, appelé aussi Ntsa.
Mais également le Cisticole téké (espèce endémique), les céphalophes bleus à dos jaune, à bande noire ou à ventre blanc, le chacal à flancs rayés, le singe moustache, des éléphants, des potamochères (plus rares), des crocodiles et des varans et, enfin, une cinquantaine d’espèces d’oiseaux des savanes.
• Les plateaux Batéké ont une altitude modeste, ne dépassant guère les 830 m, mais constituent une unité géomorphologique remarquable.
• IIs sont essentiellement formés de sables et de grès de faciès continentauX, récents (âge Tertiaire), dont le pendage est faible, orienté vers l’est.
La partie gabonaise des plateaux Batéké se poursuit au Congo. Elle constitue la bordure occidentale de la grande cuvette du fleuve Zaire.
A l’ouest, les sables et grés Batéké prennent appui sur d’autres grés, mais de faciès marin et d’âge beaucoup plus ancien (Précambrien), appartenant au bassin de Franceville : les premiers sont dits discordants sur les seconds.
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Sources :
Alain RICHARD, Agrégé de l’Université, Responsable du Département Histoire et Géographie, Guy LEONARD, Professeur certifié, Docteur en Géographie, Institut Pédagogique National, le GABON, GÉOGRAPHIE ACTIVE, EDIG, B.P. 3875, Libreville, EDICEF, 58, rue Jean Bleuzen -92178 Vanves Cedex.
COCAN, Guide de voyage. (2012). Gabon Terre d’Expéditions.
AGATOUR, Guide de voyage. (2012). Gabon.
FRÉDÉRIC MEYO-BIBANG, JEAN-MARTIN NZAMBA, NOTRE PAYS, LE GABON, NOUVELLE ÉDITION, EDIG BOÎTE POSTALE 3875, LIBREVILLE, EDICEF 58, RUE JEAN-BLEUZEN, 92178 VANVES CEDEX
Petit futé, São Tomé et Príncipe, A.N.P.I GABON, AGENCE NATIONALE DE PROMOTION DES INVESTISSEMENTS DU GABON, Site Internet Petitfute.
MINISTERE DES EAUX ET FORETS, DE LA PECHE, DU REBOISEMENT CHARGE DE L’ENVIRONNEMENT ET DE LA PROTECTION DE LA NATURE (Novembre 1999). STRATÉGIE NATIONALE ET PLAN D’ACTION SUR LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE DU GABON
REPUBILIOUE CABONAISE.Ministère de Travaux publics.PROSPECTION HYDRO-ELECTRIQUE GENERALE.des BASSINS de l’OG OOUE et de la NYANGA. Rapport Intérimaire.Première Campagne d’Etudes, 1961
Site officiel plan climat du Gabon. Consulté le 04/02/2024 à 15h15.
Crédit photo :
Jeanlou carnets de voyages
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