Les Pounou (ou Punu) sont un peuple bantou principalement originaire du sud du Gabon et de la région du Niari en République du Congo. Ils sont célèbres pour leurs masques blancs aux yeux globuleux, qui symbolisent la beauté féminine et les ancêtres, et pour leur artisanat, notamment la poterie et le tissage.

La société initiatique du Moukouji joue un rôle central dans leur organisation sociale, notamment pour des fonctions thérapeutiques et judiciaires.

Habitat et organisation sociale
Localisation : Ils vivent dans le sud du Gabon (bassin de la Ngounié) et dans le sud de la République du Congo.
Organisation : Leur société n’est pas centralisée et s’organise au niveau des villages, divisés en clans et en familles.
Société initiatique : Le Moukouji est une société importante qui a pour rôle de maîtriser les esprits malfaisants de la forêt et d’assurer des fonctions thérapeutiques et judiciaires.

Culture et artisanat
Masques : Les masques Pounou, souvent blancs, sont réputés pour leur beauté idéale et leur aspect mystérieux. Les masques blancs représentent les ancêtres et la sérénité, tandis que les masques noirs ont une fonction judiciaire.

Ce masque Pounou est d’un « classicisme» parfait avec sa haute coiffe à coque centrale flanquée de couettes latérales en oblique et son visage empreint de sérénité.
Artisanat : Les femmes sont connues pour leur poterie (marmites, casseroles) et les hommes tissent des fibres de palmiers pour fabriquer des tissus.
Langue
Langue : La langue s’appelle le Yipunu.
Orthographe : Il n’y a pas d’orthographe standard unique, mais des systèmes comme l’Alphabet Scientifique des Langues du Gabon (ASG) peuvent être utilisés.
Ce peuple très important occupe, au Gabon, la plus grande partie des quatre districts de Mouila, Ndendé, Moabi et Tchibanga ; on le trouve, au Congo, dans les districts de Divénié et de Mossendjo ainsi que près de Kibangou, au nord de la boucle du Niari.
Nom d’origine
Pounou (qui signifierait : guerrier). — Pluriel Bapounou. Singulier Moupounou. Le mot de Bayaka, employé autrefois pour désigner les Pounou du Mayombe et de Divénié, est considéré par eux comme péjoratif.
Parentés
- D’origine ou d’alliance matrimoniales : avec les peuples de Divénié (Kougni, Tsangui, Bouissi) et les Lumbu.
- Linguistique avec les Lumbu, Eshira, Vungu, massango, et avec les voisins appartenant au groupe linguistique Bacongo : Vili, Kugni, Yombé (Pas d’interprètes entre eux).
Origines et histoire des Bapounou
Venus du sud (tous d’accord) ; du Congo en traversant le Mari (tradition de Mouila) ; du Niari, de Loango et de Mossendjo (tradition Ndendé), de Bibaka aux sources de la Nyanga (trad. Tchibanga). Guidés par les Pygmées (Babongo) qui « faisaient la boussole » vers « le bon pays » , ils ont suivi les savanes de la Ngounié. Ne connaissaient pas le taro et vivaient d’ignames et de bananes.
La tradition de Ndendé est celle qui remonte le plus loin Minga et sa femme, Buanga sont les ancêtres des Bapunu. Leurs descendants habitèrent Niali, sur la Nyanga ; à Kouango, au bord de la Ngounié, eut lieu la séparation. Le clan dominant, les Bou-Mouélé, passa la rivière. Les Boudiala restèrent en deçà, pour conserver leur indépendance.
La tradition de Mouila célèbre les Boumouélé. Ce clan descend d’une femme, Simbou, et de son fils Mouélé, fameux magicien. Celui-ci, pour traverser la Ngounié, se frotta la cheville de terre blanche et put envoyer de l’autre côté de la rivière sa jambe sur laquelle passa toute le peuple. Son neveu, Nzamba Simbou, fit aussi de nombreux miracles. Ces légendes ont été enregistrées, ainsi que le refrain d’invasion des Bapounou « Tsiafo tsimonio » (on part vers la vie, non vers la mort).
Le pays avait déjà son aspect actuel : savanes et bouquets forestiers. Seuls s’y trouvaient des Babongo (pygmées) et des Bavoungou (il y a contestation sur ce point). Les Eshira, race mélangée, sont arrivés après. Les différents clans s’installèrent dans la plaine.
C’est plus tard que les Bapounou s’étendirent dans la région montagneuse et boisée de l’ouest (Mayombe des Bapounou) et dans la partie nord de la savane de Tchibanga (en réalité Ibanga : en haut) où ils ne trouvèrent que des Babongo.
Les militaires français, venus par le fleuve Nyanga, occupèrent Tchibanga ; d’autres venus par le nord, occupèrent la Ngounié. Le principal événement notable fut la révolte de Mukabu, dans la région de Moabi, avant 1914, où se signala le Sénégalais Boubakar. Il s’agit de la révolte de 1906-1909 dans la terre de Nokabé, sur laquelle M. le sous-préfet Fanguinoveny, de Tchibanga, m’a communiqué une note.
Chronologie
Selon la tradition Ndendé : il y aurait eu dix générations depuis l’établissement des Boudiala dans le pays.
Selon la tradition Mouila : il y aurait eu neuf générations depuis Simbu. Les décomptes de générations sont faciles en pays patrilinéaires; ils sont plus malaisés dans les sociétés matrilinéaires , il faut faire préciser à chaque fois « Un tel engendra un tel »
Guerres
Des guerres, dans la région de Mossendjo, avec les « Akélé » (en réalité Woumbou, Ndasa, Mbahouin), ont peut-être été causes de la migration. Ensuite des conflits se sont produits fréquemment entre les clans, notamment entre Boudiala et Boumouélé, voire même entre familles, pour des questions de femmes (enlèvement, adultère) ou des meurtres (surtout des empoisonnements dont les voisins étaient rendus responsables). Les intermariages, amenant des alliances de clans et de familles, étendaient les hostilités.
Le chef de la famille outragée envoyait des messages à ses alliés. On demandait à l’ennemi une compensation pour l’outrage (un esclave ou une terre). En cas de refus on se préparait la guerre les guerriers recevaient des cicatrices sur le corps pour se reconnaître, puis on priait les ancêtres après avoir placé, dans une marmite, de Ja terre blanche, des herbes et de l’eau. On se servait de lances, de longs gourdins de bois, de matchettes, de haches. L’attaque du village ennemi avait lieu au petit jour.
Esclavage et commerce
Les esclaves provenaient de trois sources :
- la guerre on donnait des hommes en compensation des tués ou des dommages causés ; ils remplaçaient alors les hommes tués on leur procurait des femmes, ils faisaient partie du clan seuls ceux qui se comportaient mal étaient traités en esclaves.
- les délits les coupables qui ne pouvaient payer la compensation (pour meurtre, vol, adultère, etc…) devenaient esclaves.
- l’achat (contre marchandise) aux peuples voisins : Nzébi, Tshogo, Sango, Pové.
Les esclaves achetés, et ceux qui se montraient trop paresseux ou vicieux étaient vendus, dans le sud aux Vili, aux Loumbou, aux Européens de Mayoumba et d’Ibotsi (Nyanga) ; dans le nord aux Eshira de Setté Cama et aux Nkomi du Fernan Vaz. En échange on recevait du sel, du fer, des outils, des pagnes, des chapeaux, des bouteilles vides, de la poudre, des fusils à pierre (au début un fusil valait deux hommes).
Outre les esclaves on vendait aussi du caoutchouc, des pois de terre, des poules et des cabris.
Les premiers commerçants européens étaient des Bangesi (Anglais) et des Bitanda (Portugais). Certains seraient venus jusqu’à Ndendé.
Economie familiale
Bananes, manioc, ignames, patates étaient cultivés à l’aide des matchettes (ikonga), les haches étroites (dioumbi, itsota) servant au défrichement. On élevait des cabris, des poules, des canards, des moutons.
La chasse tenait une grande place : buffles, sangliers, antilopes, oiseaux étaient pris au piège ou au filet et tués à la sagaie. Pour l’éléphant on employait le fusil à pierre.
La tradition de Mouila rapporte que le premier forgeron était « une fée » qui résidait sur l’emplacement actuel du chef de région. On lui apportait le minerai de fer et le lendemain on trouvait des haches, des sagaies, des matchettes, des cloches. Le minerai de fer, à Ndendé, était apporté par les Batsangui. Le cuivre était importé « par les Américains
Les femmes Punu, comme aujourd’hui, étaient des potières réputées, fabriquant marmites, gargoulettes, casseroles, vases.
Les hommes tissaient les fibres des palmiers dignimba en pièces d’environ 1 m sur 0,80 qu’on cousait ensemble pour obtenir des pagnes ou des toges. Le vêtement des femmes était semblable. Elles y ajoutaient des perles misanga, venues de la côte.
Organisation de la société
Famille matrilinéaire, mais patrilocale. Quand le père meurt, les enfants retournent à la famille maternelle dont le chef est l’oncle (Katsi). Depuis dix ans il y a une évolution dans le système paternel.
La dot est payée au père qui partage avec l’oncle maternel. Le lévirat et le sororat étaient obligatoires, ainsi que l’exogamie de clan.
Clans Bapounou
Les clans étaient nombreux ; les clans Simbu et Mouélé semblent avoir eu un rôle prépondérant (certains le contestent).
Le chef de clan ou « Roi » (Moundoumba) réglait les palabres en tenant, comme chasse-mouches, une queue de buffle ou une palme, qui avait alors un caractère sacré; il était assisté d’un orateur, pris parmi ses parents.
Quand le Roi mourait, sa famille (y compris les femmes) choisissait le successeur. Des conseils de chefs de clans pouvaient régler les palabres entre eux ou les affaires d’intérêt commun.
Chaque clan, bien que dispersé, avait ses territoires, sur lesquels d’autres pouvaient s’installer avec son autorisation, généralement obtenue par des alliances matrimoniales.
Les chefs étaient polygames.
Croyances et rites
Les reliques des ancêtres importants étaient placées dans une petite maison (iboundzi). Quand on avait besoin de leur entremise, le chef s’y rendait avec une cloche de fer coudée (Kindu), les invoquait, leur présentait une marmite neuve contenant du vin de palme et en frottait les assistants.
Des cérémonies particulières marquaient la naissance des jumeaux. Les fêtes, surtout les funérailles de personnages importants, étaient accompagnées par l’Okouya, danse du masque blanc (mokodji) sur échasses.
Ces masques blancs, au sourire « asiatique », qui ont donné lieu à de nombreuses d’hypothèses ingénieuses, sont connus dans le monde sous le nom de « masques mpongwés », bien qu’ils soient on réalité punu.
Le porteur de masque prend une voix haut perchée, féminine, à laquelle le masque donne une résonance étrange (la « voix de l’esprit »).
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Sources:
L’HOMME D’OUTRE-MER, Collection publiée par le Conseil supérieur des Recherches sociologiques d’outre-mer et par l’Office de la Recherche scientifique et technique Outre-Mer, Nouvelle Série N° 6, Hubert DESCHAMPS, Gouverneur E. R., Directeur des Sciences humaines à l’Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer Chargé de mission par le Centre National de la Recherche Scientifique, TRADITIONS ORALES ET ARCHIVES AU GABON, Contribution à l’ethno-histoire, ÉDITIONS BERGER·LEVRAULT, 5, rue Auguste-Comte – PARIS (VIe), 1962.
Louis Perrois et Charlotte Grand-Dufay, PUNU, VISIONS D’AFRIQUESous la direction d’Anne-Marie Bouttiaux.

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