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Historique

En 1962, le Gabon disposait d’un réseau d’aires protégées essentiellement créé dans une optique de protection et d’exploitation de la faune sauvage, en particulier via le tourisme cynégétique. Cette activité économique n’a en fait jamais pris de l’ampleur. Ce réseau d’aires protégées occupait 1 790 000 ha à la fin des années 1980, soit moins de 7% du territoire (Wilks, 1990).

Il était alors uniquement formé de réserves de faune et de domaines de chasse, hormis une réserve présidentielle et la petite réserve naturelle intégrale du plateau d’Ipassa. Toutes les aires protégées existantes à cette époque avaient été exploitées au moins une fois pour le bois d’œuvre, hormis la réserve d’Ipassa (actuellement incluse dans le parc national de l’Ivindo).

L’évaluation de ce réseau d’aires protégées réalisée à la fin des années 1980, dans le cadre de la préparation du programme ECOFAC (programme de conservation et utilisation rationnelle des Ecosystèmes Forestiers d’Afrique Centrale ; Wilks, 1990), a permis de poser les bases du nouveau réseau d’aires protégées créé plus de vingt ans plus tard, permettant de conserver de manière plus exhaustive la riche biodiversité du pays.

La création des parcs nationaux du Gabon, le 30 août 2002 doit beaucoup aux actions de recherche réalisées depuis les années 1980 par l’UICN et la WCS (Wildlife Conservation Society) en partenariat avec la DGFAP. Cette décision s’intègre dans un long processus de prise de conscience du patrimoine naturel des États d’Afrique centrale, de mise en œuvre des conventions internationales et de mise en application du Code forestier promulgué le 31 décembre 2001.

La création des parcs nationaux répond, non seulement, à un souci de conservation des espaces naturels et des espèces animales et végétales mais aussi à des considérations économiques. Elle permet de développer un secteur économique de plus en plus important à l’échelle mondiale, celui du tourisme de nature (Hebdo Informations, 2002).

Réseau actuel des aires protégées

Depuis 2002, le Gabon protège sa diversité biologique remarquable par un réseau de treize parcs nationaux qui couvrent 11,2% du territoire soit un peu plus de 3 millions d’hectares. À ce réseau, s’ajoutent deux domaines de chasse, deux réserves de faune dont la réserve présidentielle de Wonga Wongué, portant le réseau des aires protégées à une superficie totale d’un peu plus de 3,4 millions d’hectares, soit 12,9% du territoire gabonais.

L’un des deux arboreta du pays figure également dans ce réseau : l’arboretum Raponda Walker, dans la forêt classée de la Mondah. Créée en 2002 et gérée par l’ANPN, cette aire protégée est d’une étendue supérieure aux arboreta classiques. Il inclut aussi une zone de forêt semi-naturelle et d’espèces plantées qui renferme une très grande biodiversité, y compris des espèces rares. C’est pour cette raison que nous l’avons conservé ici, au contraire de l’arboretum de Sibang, une zone de très petite superficie, en milieu dégradé, dont l’intérêt consiste essentiellement en espèces arborées plantées lors d’essais sylvicoles. Ce dernier arboretum est géré par le CENAREST avec des objectifs d’appui à la recherche scientifique. Situés à proximité de Libreville, ces deux arboreta ont toutefois l’intérêt de restituer l’atmosphère de la forêt dense sur des sites facilement accessibles au public.

Des projets de parcours de sensibilisation et d’éducation sont envisagés sur les deux sites.

Même si des améliorations sont toujours possibles, le réseau actuel des aires protégées du Gabon protège un ensemble tout à fait représentatif des écosystèmes et de la biodiversité terrestre du pays.

Les aires protégées incluent des sites de très forte diversité botanique, renfermant aussi des espèces endémiques et des forêts dont on pense qu’elles ont joué le rôle de refuges forestiers lors des périodes géologiques passées d’assèchement climatique, dont le parc national des Monts de Cristal ou celui de Moukalaba-Doudou.

Ces parcs incluent aussi des écosystèmes rares, à haute valeur de conservation, tels que des forêts submontagnardes (sur les petites montagnes des Monts de Cristal, par exemple), des inselbergs (dans le parc de Minkébé) ou des clairières marécageuses dans les parcs de l’Ivindo et de Mwagna.

Ces dernières sont d’un grand intérêt pour les populations de grands mammifères tels que les éléphants (Loxodonta cyclotis, Elephantidae), les buffles (Syncerus caffer nanus, Bovidae) ou même les gorilles de l’Ouest (Gorilla gorilla gorilla, Hominidae). Ce réseau d’aires protégées est toutefois perfectible en ce qui concerne la biodiversité dulçaquicole et marine, y compris les écosystèmes marécageux et inondables.

Le Gabon a conclu deux accords avec les pays voisins afin d’ouvrir la voie à une gestion transfrontalière des aires protégées :

• le trinational Dja-Odzala-Minkébé (TRIDOM), entre le Cameroun, le Congo et le Gabon

• le binational Mayumba-Conkouati ou Parcs Transfrontaliers Mayumba-Conkouati (PTMC) sur le littoral entre le Gabon et le Congo.

Suite à la signature de la convention sur les zones humides (convention de Ramsar), le Gabon a inscrit 9 sites dont 5 d’entres eux ont également un statut national d’aires protégées.

Les autres sites ne semblent pas bénéficier d’attentions de gestion particulières. La réserve présidentielle de Wonga Wongué, inscrite en 1986, protège une partie du littoral gabonais et un arrière pays composé de marécages et de vastes plateaux sablonneux. Elle abrite une population de grands mammifères (chimpanzés, éléphants, hippopotames) et de nombreux oiseaux d’eau dont notamment le pélican blanc (Pelecanus onocrotalus). Les plages des parcs de Pongara et Akanda sont des sites de reproduction de plusieurs tortues marines protégées dont la tortue luth (Dermo chelyscoriacea) et la tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata), toutes deux en danger critique d’extinction (Ramsar, 2015).

Le parc national de la Lopé est l’unique aire protégée inscrite sur la liste de la convention du patrimoine mondial. Inscrit en 2007, ce site est une zone de transition entre la forêt dense humide et la savane. La diversité des habitats et les relations complexes entre ces deux écosystèmes lui confèrent une diversité biologique élevée, avec plus de 1 550 espèces de plantes décrites, dont 40 jamais recensées ailleurs au Gabon (Unesco, 2015).

La réserve naturelle intégrale d’Ipassa-Makokou, au nord-est du pays, a intégré le réseau des réserves de la biosphère de l’Unesco (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture) en 1983.

Cette réserve de la biosphère inclut les 10 000 ha de la réserve naturelle et des zones tampon et de transition de 5 000 ha. Depuis 2002, la réserve naturelle est incluse dans le parc national de l’Ivindo mais le statut de l’ancienne réserve ne semble pas avoir été révisé ou annulé.

D’autre part, le label de réserve de la biosphère et son étendue n’ont pas été revus récemment pour tenir compte de la création du parc. Une étude menée en 2013 propose d’ailleurs la révision du statut et du zonage de cet ensemble, au sein d’un projet plus global de création d’une réserve de la biosphère

transfrontalière du TRIDOM, en partenariat avec le Cameroun et le Congo (Fondjo, 2013).

Suite à une vaste étude scientifique des fonds marins débutée en 2012, le Président de la République a annoncé la création d’un réseau d’aires protégées marines lors du Congrès mondial des parcs qui s’est tenu fin 2014 en Australie.

Ce réseau devrait occuper à terme un peu plus de 20 % de la zone économique exclusive du pays, où seront aussi délimitées des zones de pêche communautaire, de pêche industrielle et des zones d’exclusion pour la protection des infrastructures pétrolières (ANPN, 2015).

Organisation de la gestion des aires protégées

Gouvernance et systèmes de gestion des aires protégées

L’ANPN est constituée d’un comité de gestion qui est l’organe délibérant, d’une agence comptable et d’un secrétariat exécutif qui est l’organe de gestion au niveau central. Cette agence gère les 13 parcs nationaux, la réserve présidentielleet l’arboretum Raponda Walker (tableau 4 ; Mouelle & Ngowou, 2014).

Le MEF a quant à lui sous sa tutelle une réserve de faune et un domaine de chasse. Ces aires protégées n’ayant pas fait partie du réseau de parcs à sa création en 2002, ont conservé leur statut et sont gérées par la DGFAP à travers la Direction de l’Aménagement des Aires Protégées (DAAP). Sur le terrain, la gestion de chaque aire protégée est assurée par un conservateur.

Le CENAREST ne participe pas directement à la gestion des aires protégées. Il gère toutefois des stations de recherche dans certains parcs nationaux (Ivindo, Moukalaba-Doudou), où il mène des activités de recherche appliquée sur la gestion de la biodiversité.

 La Société de Développement du Parc de la Lékédi (SODEPAL) gère, en tant que promoteur privé, un domaine de chasse où les animaux (locaux et exotiques) vivent en semi-captivité dans trois blocs clôturés.

Si aucun système de gouvernance mixte n’est développé dans le pays pour le moment, la loi sur les parcs nationaux prévoit une gestion axée surl’implication de toutes les parties prenantes.

Pour ce faire, il est prévu la mise en place dans chaque parc national, d’un Comité Consultatif de Gestion Local (CCGL) composé de quatre « platesformes», chacune représentant un segment de la société : populations locales (villages), secteur privé, associations locales, administrations locales (Mouelle & Ngowou, 2014). Ce comité sert de base de concertation pour la mise en oeuvre des activités identifiées dans le programme de travail annuel et dans la prise de décisions au niveau de la cogestion des projets communautaires.

Les parties prenantes proposent des activités à l’ANPN qui reste toutefois maître de la décision finale. Des CCGL ont été constitués dans une partie des parcs (Mayumba, Moukalaba-Doudou, Loango, Monts de Cristal, Birougou, Waka… ; Mamfoumbi Kombila, 2013 et ANPN, 2015).

Cette initiative est appuyée par un programme financé par l’Union Européenne (UE), le Programme d’Appui à la Gouvernance Sectorielle (PAGOS), dont un des objectifs duvolet environnemental concerne la mise en place de CCGL dans tous les parcs nationaux qui n’en disposent pas encore (ANPN, 2015).

Fin 2012, l’ANPN a élaboré, avec l’assistance du WWF (Fond mondial pour la nature), du WCS et de l’USFS (United State Forest Service), cinq plans de gestion prioritaires pour les parcs nationaux de Loango, Moukalaba-Doudou, Mayumba, Pongara et Lopé.

Aucune des autres aires protégées ne dispose pour le moment d’un plan d’aménagement. Des comités techniques pilotés par les conservateurs ont également été mis en place dans chaque parc national (WWF Gabon, 2012). S’agissant de l’occupation spatiale en général et des aires protégées en particulier, les différents types d’affectation des terres dans et autour des aires protégées correspondent au principe de zonage interne et périphérique des espaces concernés.

Ainsi, le zonage interne varie en fonction des objectifs de gestion et de la catégorie de l’aire protégée et renferme généralement une zone de préservation, une zone d’activités multiples réglementées et une zone de services et d’infrastructures. Quant à la périphérie, elle englobe une zone de transition jouxtant une zone tampon, avec des activités anthropique sans impact négatif et une zone périphérique

où peuvent être menées des activités multiples, notamment extractives.

Les moyens disponibles

Les ressources humaines et matérielles

L’effectif du personnel de l’ANPN a connu une augmentation exponentielle, passant ainsi de 108 agents en 2010 à 507 agents en 201 (Mamfoumbi Kombila, 2013 ; tableau 6). Plus de 300 agents ont été formés en 2012, en grande majorité des écogardes ayant bénéficié d’une formation militaire et d’une formation en délimitation d’aires protégées. Un partenariat a aussi été signé avec l’École Nationale des Eaux et Forêts (ENEF) où un master a été créé pour renforcer les capacités dans l’évaluation des études d’impacts.

Sur le plan du renforcement de mesures de protection et de surveillance des aires protégées, les plus hautes autorités ont créé une brigade des parcs nationaux de 250 hommes au sein de la Gendarmerie nationale pour appuyer les écogardes dans la sécurisation des parcs nationaux et faire face aux braconniers lourdement armés et bien organisés. Au début de 2013, trois commandants de brigade et 40 gendarmes avaient été affectés sur le terrain.

Ce comité sert de base de concertation pour la mise en oeuvre des activités identifiées dans le programme de travail annuel et dans la prise de décisions au niveau de la cogestion des projets communautaires. Les parties prenantes proposent des activités à l’ANPN qui reste toutefois maître de la décision finale. Des CCGL ont été constitués dans une partie des parcs (Mayumba, Moukalaba-Doudou, Loango, Monts de Cristal, Birougou, Waka… ; Mamfoumbi Kombila, 2013 et ANPN, 2015).

Cette initiative est appuyée par un programme financé par l’Union Européenne (UE), le Programme d’Appui à la Gouvernance Sectorielle (PAGOS), dont un des objectifs duvolet environnemental concerne la mise en place de CCGL dans tous les parcs nationaux qui n’en disposent pas encore (ANPN, 2015).

Fin 2012, l’ANPN a élaboré, avec l’assistance du WWF (Fond mondial pour la nature), du WCS et de l’USFS (United State Forest Service), cinq plans de gestion prioritaires pour les parcs nationaux de Loango, Moukalaba-Doudou, Mayumba, Pongara et Lopé. Aucune des autres aires protégées ne dispose pour le moment d’un plan d’aménagement. Des comités techniques pilotés par les conservateurs ont également été mis en place dans chaque parc national (WWF Gabon, 2012).

Sources :

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Commentaires

Une réponse à « Aires protégées du Gabon »

  1. Avatar de Zynclair Obame
    Zynclair Obame

    Très riche,nous souhaitons revenir un jour notre cher pays le Gabon

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