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Il y a 2 400 ans apparut une nouvelle vague de migrants. C’étaient toujours des Bantous   et comme les vagues précédentes, ils venaient du nord. Cependant, ils possédaient la métallurgie du fer et voyageaient cette fois par l’intérieur des terres en profitant probablement du morcellement des massifs forestiers suite à la péjoration du climat. Ils apparurent d’abord dans la vallée du moyen Ogooué, ensuite dans le haut Ogooué.

Il y a 2 150 ans, ils atteignirent la cote et se mélangèrent alors aux populations néolithiques dont les dernières traces disparurent il y a 2 000 ans environ. A cette époque, la densité de population devait être de l’ordre de 0,5 habitant au kilomètre carré, ce qui correspondait à une population totale pour le Gabon de 134 000 habitants. Pour la première fois dans I’histoire de la région, I’homme était probablement devenu plus nombreux que le gorille, le chimpanzé.

Avec le fer, ou peu de temps après, vint aussi la banane. Cette plante asiatiqu, venue par des chemins qui restent un mystère, fut un énorme succès. Elle complétait les ressources du palmier à huile Elaeisguineensis et surtout de l’igname Dioscorea sp., la principale et quasi unique source de glucides à laquelle avaient alors accès les gens de la foret. Elle permit ainsi une rapide et importante augmentation de leurs populations.

Avec l’apparition du fer, se dessina une plus forte différenciation et surtout une évolution des cultures qui allaient se succéder dans le temps. Autour de la baie de la Mondah et au nord, à l’est et au sud-est de l’estuaire, se développa tout d’abord la culture d’Oveng (Figure 37).

Entre le VIIe et le XIe siècle, celle-ci fut remplacée par une autre culture encore mal connue, qui fut à son tour remplacée, à partir du XIe Siècle, par la culture d’Angondjé. Celle-ci s’étendait sur les deux rives de l’estuaire et signait probablement l’arrivée des Mpongwé, une ethnie de langue myéné, venue dans la région il y a probablement un millier d’années environ.

Un dernier groupe se développa sur le littoral après l’arrivée des Européens. A côté de poteries locales de moins en moins bien finies, apparurent alors en quantité croissante les céramiques d’origine européenne. Cette culture signa la décadence des traditions locales et les dernières poteries traditionnelles disparurent de la région de l’estuaire au cours du xix siècle.

En même temps que se développait la culture d’Angondjé, apparurent dans la région du cap Estérias et sur la rive orientale de la baie de la Mondah, entre Ntoum et Cocobeach, des traces d’une culture qui était peut-être liée aux Benga ou aux Séké aussi appelés Sékyani.

Toutes ces populations de I’Age du fer utilisaient les ressources de la forêt et dans leurs fosses de déchets on en trouve les restes : des noix d’afane Panda oleosa, d’aiélé Canarium schweinfurthii, de noisetier africain Coula edulis et de palmier à huile Elaeis guineensis.

La culture d’Oveng était cependant très liée à la pêche. Elle était l’expression d’une population de pêcheurs qui habitait le long des rivières ou en bordure des mangroves et consommait beaucoup de coquillages. Sur les racines des palétuviers, ils collectaient la petite huître Ostrea tulipa.

Dans les vasières, ils ramassaient Tympanotonus fuscatus (Page 142), Senilia senilis (Page 141) et Pugilina morio. Alors qu’aux époques les plus anciennes, la consommation d’Senilia senilis prédominait, Les populations plus tardives, à partir du XIe siècle, consommaient plus Ostrea tulipa et Tympanonotus fuscatus. BernardClist pense que les goûts avaient du changer ou que les techniques de collecte avaient évolué.

Richard Oslisly pense au contraire que des changements climatiques avaient dû   induire un changement de la faune. A l’appui de cette thèse, il est intéressant de noter que dans d’autres régions d’Afrique on observe également des changements dans les mollusques consommés, notamment sur les côtes de Mauritanie, où les amas coquilliers anciens recèlent aussi beaucoup Senilia senilis. A côté des mollusques, ces pêcheurs consommaient du poisson.

En tout. Clist mentionne 18 espèces identifiées. Parmi celles-ci on trouve à la fois des poissons de mer, comme des barracudas et des requins, et des poissons d’eau douce, comme des machoirons et des tilapias. Mais ils mangeaient aussi des tortues marines, du lamantin Trichechus senegalensis, du python Python sebae et diverses espèces d’antilopes.

La Sablière de Libreville, situe au nord de l’aéroport en bord de plage, fut un des sites archéologiques du Gabon.

Dans les sables du cordon dunaire, furent trouvés, à coté de vestiges plus anciens, de nombreuses sépultures datant de l’Age du fer. Certaines renfermaient des poteries parfaitement conservées, comme les deux terres cuites représentées ci-dessous, hautes de 22 cm (36a) et 21cm (36b). Malheureusement, ce site a été complètement détruit au cours des années 1980 et 1990 pour fournir le sable nécessaire à la construction de Libreville Faute de temps et d’argent, aucune fouille détaillée n’a pu être entreprise et un des témoignages les plus parlants de la préhistoire du Gabon a disparu à jamais.

A Oveng, en bordure de la Baie de la Mondah, a été explorée une fosse d’à peu près 2 m de profondeur qui contenait de nombreuses coquilles de bivalves, des tessons de poterie et des scories de métallurgie. Le tout a été daté de 1 600 ans.

Sources :

Les parcs nationaux du Gabon, AKANDA et PONGARA, Plages et mangroves, Jean   Pierre Vande weghe.


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