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Avant l’introduction au Gabon des concepts économiques occidentaux, l’économie gabonaise était orientée vers le troc. L’entrée du pays dans le système capitaliste devait moderniser et faciliter l’échange entre, d’une part, les tribus côtières et celles de l’intérieur, et d’autre part, entre les tribus côtières et le monde extérieur, l’Europe.

Dans ce monde qui se tournait résolument vers l’avenir et le progrès, le courtier était le trait d’union reliant l’intérieur à la côte. Du producteur au consommateur, les produits passaient ainsi par une série d’intermédiaires qui prélevaient chacun sa part de bénéfice.

A partir de 1865, les conditions du commerce évoluèrent en faveur des factoreries à l’intérieur. Le courtage, de ce fait, entrait en décadence. Les commerçants, s’affranchissant petit à petit des intermédiaires qui leur revenaient cher, s’enfoncèrent eux-mêmes dans la brousse à la recherche des consommateurs.

De ce contact brusque et forcé avec des populations restées en marge du mode de vie de la côte, naîtront les affrontements qui favorisent les expéditions punitives.

Les maisons commerciales qui s’installèrent au Gabon au XIXe siècle étaient à la fois des centres d’approvisionnement de marchandises en provenance de l’Europe et des centres d’achat des spécificités africaines.

L’absence d’une unité monétaire, chaque pays utilisant sa monnaie dans les transactions commerciales, faisait que la pratique courante d’échange entre Blancs et Noirs fut le troc (échange d’une marchandise importée contre un produit autochtone), échange direct.

Ce mode de transaction disparaîtra progressive ment avec la pénétration et la prise de possession totale du Gabon par l’administration, et aussi avec le paiement de l’impôt de capitation au début du XXe siècle.              

Les premières maisons commerciales à s’installer au Gabon furent: Hatton & Cook-mann (1850) qui commercialisait l’okoumé, le caoutchouc et l’ivoire (1848), John Holt, Woermann (1850) qui deviendra la SOAEM, et la maison Pilastre, d’origine française, qui s’établit en 1855.

D’autres Maisons de moindre importance s’étaient aussi établies au Gabon, comme les firmes anglaises Cooper & Scott, Gillies & Mac Farlane, Boardman, etc. Afin de permettre aux commerçant de s’aventurer un peu plus à l’intérieur, l’administration de la colonie se décida à faire mouiller en 1858 la corvette/’Oise dans le Komo.

Le bâtiment jouait le rôle de poste avancé et servait de refuge aux commerçants contre les attaques des populations. Toutes ces maisons commerciales avaient leur siège social dans la région de l’estuaire avec un comptoir central, les annexes s’échelonnant à l’intérieur, sous la responsabilité d’un magasinier-chef.

Sources :

Un homme, un pays, EL-HADJ OMAR BONGO, LE GABON, Collection : Etats africains d’hier à demain, Les Nouvelles Editions Africaine.

(1) Endre Sik : Histoire de l’Afrique Noire. T.2 p. 20 Akademiai Kiado Budapest. 1968. P. 346.


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