
La France avait pris possession du Gabon par les différents traités signés avec les chefs et rois du Pays.
Supposé recéler certaines richesses, le Gabon fut passé au crible par des agents et explorateurs de toutes nationalités.
Cette exploration méthodique était le signe avant-coureur du développement du commerce et de l’évolution du système capitaliste qui devrait ouvrir la voie aux affaires.
En 1843 le Gabon dépendait encore du Sénégal.
Il ne s’en séparera qu’en 1859 pour faire partie de l’ensemble que l’on dénomma les Etablissements français de la Côte d’Or et du Gabon, avec à leur tête un Commandant supérieur résidant à Libreville.
Par la suite I ‘Administration fut restructurée, et à partir de 1883, l’ensemble porta le nom d’Etablissement français du Golfe de Guinée.
On y adjoignait pour cela Cotonou et Porto-Novo, dépendances gabonaises.
Un lieutenant de vaisseau avec le titre de Commandant particulier, résidant à Libreville, était responsable de l’ensemble de ces colonies.
Le Commandant particulier du Golfe de Guinée dépendait lui-même du contre-amiral commandant en chef, en résidence au Sénégal.
Jusqu’en 1886, le Gabon fut régi par le ministère de la Marine.
Après 1886, date à laquelle il se sépare de ses dépendances (Cotonou et Porto-Novo qui furent rattachées au Sénégal), le Gabon forma une administration autonome, rattachée directement au Ministère de la Marine et des Colonies récemment créées.
Le décret du 29 juin 1886 détermina le régime sous lequel devait être placées respectivement la colonie du Gabon et celle du Congo fondée par Brazza, qui prenait lui-même la direction générale du gouvernement en résidence à Libreville.
Le docteur Ballay, son adjoint, était nommé Lieutenant-Gouverneur du Gabon.

Le décret du 11 décembre 1888 devait réunir la colonie du Gabon au Congo pour former désormais une unité, le Gabon-Congo, placé sous l’autorité du Commissaire général Brazza.

Le décret du 30 avril 1891 modifiait celui du 11 décembre 1888.
Le Gabon-Congo devenait le Congo Français, administré par un Commissaire général toujours en résidence à Libreville.
Le Congo Français prenait de plus en plus d’ampleur avec les dépendances de l’Oubangui-Chari et du Tchad.
Le 15 janvier 1910 fut créée la Fédération de l’Afrique Equatoriale Française (A.E.F.), groupant le Gabon, le Moyen-Congo, l’Oubangui-Chari et le Tchad.
Un Gouverneur général en résidence à Brazzaville supervisait les quatre colonies. En 1920, le territoire du Tchad fut érigé en colonie distincte.
Evolution de l’organisation administrative
En 1934, les quatre colonies distinctes composant l’A.E.F. (le Gabon, le Congo, I’Oubangui-Chari et le Tchad) formèrent en vertu du décret de 30 juin 1934, une seule colonie, administrée par le Gouverneur général en résidence à Brazzaville.
Jusqu’en 1937 il n’y eut en A.E.F. qu’une seule colonie dotée d’un même budget et administrée par un même chef.
En 1948 le député Jean Hilaire Aubame demanda la séparation du Gabon des autres colonies afin de créer un territoire autonome administré par un Gouverneur.

Cette prise de position se comprenait, car la colonie du Gabon était la « vache laitière » de l’ensemble de I’A.E.F.
Pour assurer son développement, il fallait la séparer de l’ensemble des colonies.
Cette proposition du député gabonais auprès de l’Assemblée Nationale française ne fut pas adoptée, mais elle illustrait fort bien la réaction des dirigeants gabonais à l’égard de toute formule ou de fédération d’Etats.
En Afrique Equatoriale, seul Barthélémy Boganda comprit l’utilité de créer un état unitaire fort, à même de résister à une recolonisation après les indépendances, l’Union des républiques d’Afrique Centrale (U.R.A.C.).
Cette forme de fédération préconisée par le leader centrafricain à la veille des indépendances ne vit jamais le jour.
C’est séparément que les quatre anciennes colonies de I’A.E.F. accéderont à l’indépendance en 1960.
La circonscription, le département, la région, le district et leur évolution.
Les premières tentatives sérieuses d’organisation du territoire gabonais datent de 1909.
En 1905 le Gabon avait d’abord été divisé en cinq régions.
A partir de cette date, le Gabon sera découpé tantôt en circonscriptions, tantôt en départements, tantôt en régions subdivisées en districts, en subdivisions ou en cercles.
Toutes ces dénominations ne reflètent pas la même dimension géographique ni la même réalité politique.
En prenant pour exemple la circonscription, on pouvait en relever deux sortes. Des circonscriptions civiles et d’autres militaires.
Etaient érigées en circonscriptions militaires, commandées par un officier, les régions où la pacification n’était pas encore achevée.
Les régions du Woleu-Ntem, de l’Ivindo, de I’Okano et de la Ngounié, en perpétuelle ébullition, furent érigées en circonscriptions militaires.
Circonscriptions
En 1909 furent érigées vingt circonscriptions dont seize civiles et quatre militaires. Certaines circonscriptions de l’époque ressemblaient déjà à nos provinces d’aujourd’hui.
Parmi les dernières circonscriptions ou provinces créées, notons : la région du Woleu-Ntem créée en 1907, la Nyanga créée en 1909; le Moyen-Ogooue naît en 1911, mais il ne correspond pas au Moyen-Ogooue actuel ; cette région était située plus au Nord, et la capitale était Booué.
C’est en 1911 que la circonscription dite de la banlieue de Libreville prend la dénomination de circonscription dite de l’Estuaire du Gabon, avec comme chef-lieu Owendo.
En 1910 naît la circonscription du Haut-Ogooue, qui fut rattachée en 1917 à la circonscription militaire des Bandjai et rétablie en 1920.
Durant toute la première moitié du XXe siècle, il y eut une instabilité de ces entités qui furent parfois supprimées ou rattachées à d’autres.
C’est ainsi qu’en 1911 on notait, vingt-deux circonscriptions, en 1926 il en restait neuf seulement.
La circonscription de la Ngounie fut créée en 1923.
La dénomination de circonscription est restée en vigueur de 1909 à 1934.
Département
C’est l’arrêté du 15 novembre 1934 qui crée les départements en remplacement des circonscriptions.
Le département, dans l’esprit de l’administration, regroupait les régions ayant des affinités sociales et économiques.
C’est ainsi que furent érigés cinq départements au Gabon en 1934 ; on créa deux autres en 1936.
Cette forme administrative subsistera jusqu’en 1946.
Région
Par arrêté du 29 décembre 1946, la dénomination de région est substituée à celle de districts représentant une unité géographique ou administrative.
En fait tous les découpa-circonscription des Orungu, des Eschira, ou des Nkomi, le département des Adouma, etc. des différentes régions.
La région actuelle dite du Moyen-Ogooué fut créée en 1950. Avant
Poste de contrôle administratif
Cette entité politique n’est pas une circonscription administrative. Créé en 1934, les motifs d’éloignement ou pour des considérations politiques et économiques spéciales, se chef de subdivision ou de district.
Le poste de contrôle administratif est érigé dans un dis-existence est éphémère et peut évoluer vers sa disparition ou son érection en district.
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Sources :
Rouget F.L’Expansion coloniale au Congo français. Paris (Ansom). 1906.
Remondo. Max: l’organisation administrative du Gabon de 1843 à nos jours. Thèsede droit. Paris. Décembre 1970.0.77-83.
Un homme, un pays, EL-HADJ OMAR BONGO, LE GABON, Collection : Etats africains d’hier à demain, Les Nouvelles Editions Africaine.

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