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Les Mvaï occupent la vallée du haut Ntem et ses affluents, c’est-à-dire l’ouest du district de Minvoul (dont l’est est désert), et le nord-est du district de Bitam.

Nom

Fang Mvaï ; Mvaï voudrait dire : Bien. Il existe d’autres Mvaï au Cameroun, sur le Korn.

Origines et histoire

Dieu eut quatre enfants Mourazama, ancêtre des hommes ; Kuiazama, ancêtre des Bethyu (Pygmées) , Nghiazama, ancêtre des gorilles ; Waghazama, ancêtre des chimpanzés.

Il y a deux sortes de Pygmées, les Bayak, plus grands, amenés par les noirs, et les Béthyu, plus courts, avec un gros nez, qu’on ne peut pas voir. Ils habitent aujourd’hui la forêt à l’est.

Nane Ngoha est la mère de tous les Fang. Ils vivaient à l’est, à Adzamboga, dans une savane où l’on voyait loin.

Les Mvélé et les Nzem les ont poursuivis. Les Fang ont creusé l’arbre Adzap, puis traversé le Yong sur un arbre serpent. Puis eut lieu la guerre d’Obang (ravage) ; ils luttèrent contre Elemendom, Assamvala, Bornankoum. Les tribus se dispersèrent : Boulou, Ntoumou, Okak, Mevoumandeng

Un frère et une sœur restèrent à l’écart , ils commirent l’inceste pour continuer la race, ainsi naquit Mvaï, l’ancêtre. Les Mvaï franchirent le Korn sur un radeau. Leurs villages furent Bissa, Bidjong, puis Minvoul. A leur arrivée il n’y avait plus personne.

Ndome Ndja compte 4 à 5 générations depuis lui-même pour l’arrivée à Minvoul, 8 générations depuis le départ d’Adzomboga, 14 depuis l’origine des hommes ; ainsi on arrive à Dieu.

Activités économiques  

Il n’y avait pas de patates, d’arachides, pas de papayes ; elles sont arrivées du Cameroun, avec les blancs.

Le feu était tiré du bois (asang) par torsion, ou des pierres (Kong). On recevait l’étincelle sur l’herbe okoun et la bourre de palmier.

Il y avait plusieurs familles de forgerons. La fonte du minerai était un dur travail. Les bikouala (fer de sagaies) servaient de monnaie.

La dot valait de 1 000 à 2 000 bikouala. Le cuivre était tiré du sol à Zanangoué (canton de Bisok) et à Mbomo (canton de la Nyé). On en faisait des bracelets de poignets et de chevilles (ebat) ainsi que des colliers (nkiéma) décorés de figures géométriques.

Aucun commerce au temps des ancêtres. On distribuait la viande. Les forgerons travaillaient pour le village. Le sel était fabriqué avec la cendre de Nzam.

Guerres

Elles étaient provoquées le plus souvent par des histoires

de femmes. Le choix des guerriers était fait par un mélange d’herbes qu’on jetait sur leur dos , si elles tombaient à terre, l’homme était éliminé. Les hommes bons pour le service avaient les bras et la figure oints d’une poudre jaune pour se protéger des balles.

Les armes étaient les sagaies, l’arbalète (mban), puis le fusil à pierre.

La paix se concluait dans la forêt les responsables devaient payer, sinon on continuait. Les prisonniers étaient rachetés, généralement en donnant des fernmes. Pas d’esclaves, pas de cannibalisme.

Pas de circulation, sauf pour les guerriers armés.

Cependant des gens allaient jusqu’à 30 kilomètres au nord chercher des fusils et de la poudre. Ils payaient avec des bikouala, des poulets, des chiens. On donnait dix fusils et plus pour une dot.

Plus tard vint Nangkomane, le premier blanc ; les plus vieux informateurs l’ont vu ; il avait des porteurs, un interprète. Des commerçants allemands vinrent du Cameroun.

Vie en société

Le village, autrefois, ne comportait qu’un clan. Il y avait un corps de garde par famille. En cas de mésentente, on se séparait du village.

Les clans Mvaï ont des clans correspondants dans les autres groupes Fang. Aux Essabame correspondent les Essandone à Oyem, les Omvang à Cocobeach, les Yemadjit et les Yembane au Cameroun. Aux Essangok correspondent les Yekambo du Cameroun, etc…

Chacun connaît les clans qui correspondent au sien et lui permettent de voyager.

Croyances et rites

Zama est Dieu. Son père, Méboheu, a créé le monde. Pour la récolte on s’adresse à Zama, à travers le Melane.

Le Melane était le culte des ancêtres, représentés par les Biéri de tête, fémur, avant-bras des gens importants, placés dans un panier avec des statuettes d’hommes et de femmes par-dessus. Les Biéri étaient oints de poudre de l’arbre andouang, de sang, d’huile et d’œufs.

La circoncision (akik) avait lieu sans cérémonie, vers 3 à 4 mois. Vers 15 ans les garçons recevaient les scarifications sur la nuque pour pouvoir consommer l’antilope so.

Avant 20 ans ils étaient initiés au melane, dans la brousse, avec des danses, des sacrifices et des séries de questions captieuses. On ne pouvait être un personnage dans la société sans initiation

Culture

La littérature orale comprend le Mvet, le Mokoum (épopée terminée par des chants), le Minkana (contes).

Le tam-tam de bois servait à annoncer la guerre, les morts, les réjouissances et à appeler les notables.

Les fêtes avaient lieu pour les mariages et pour les funérailles de grands personnages. On faisait venir des danseurs professionnels (akoum). La mort d’une femme était célébrée par la danse mevoung, réservée aux femmes.

Le Ngui était une cérémonie d’initiés contre les vampires (evous).

On comptait le temps par saisons (mboum, deux dans l’année) et par lunaisons (ngom). Il n’ y avait pas de semaine, les jours n’avaient pas de noms. Les moments de la journée étaient le lever du soleil, le matin (kikini), midi (zamos), l’après-midi (wabakoï : les singes se chauffent), la nuit.

Les distances étaient indiquées par les rivières à trouver, certains arbres, les bois morts. Les pistes étaient entretenues à coups de machettes quand on passait.

Source :

L’HOMME D’OUTRE-MER , Collection publiée par le Conseil supérieur des Recherches sociologiques d’outre-mer et par l’Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer Nouvelle Série N° 6, Hubert DESCHAMPS, Gouverneur E, R.,

Directeur des Sciences humaines à l’Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer, Chargé de mission par le Centre National de la Recherche Scientifique, TRADITIONS ORALES ET ARCHIVES AU GABON, Contribution à l’ethno-histoire, ÉDITIONS BERGER-LEVRAULT 5, rue Auguste-Comte PARIS (VI)

1962.


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