
Le Il juin 1843, trois navires : le « Zèbre », « l’Eglantine » et la « Diligente » mouillent dans l’Estuaire du Komo, avec des marins français, des auxiliaires sénégalais et un blockhaus préfabriqué dans la cale.
Le capitaine Guillemain, chargé de la construction du fort, se heurte à une difficulté immédiate : impossible de trouver des hommes sur place pour l’aider, il lui faut se contenter de ceux embarqués avec lui.
Qu’importe, quitte à s’épuiser, les travaux doivent aller vite. Ils vont vite : le 3 septembre, le drapeau flotte sur le blockhaus central déjà monté, et Guillemain meurt d’épuisement. Ensuite les travaux restants vont quelque peu traîner et ne seront achevés qu’en 1845.
Le Fort d’Aumale s’élève sur le tertre de la cathédrale, entre les rivières Arambo et Awondo, sur l’emplacement d’un ancien village abandonné : Okolo.
Le fort est une redoute carrée entourée d’une palissade de 50 mètres de côté, avec des avancées aux angles, armées de quatre canons. Au centre, la construction la plus originale de ce fort est le blockhaus.

Il a été inventé par les Prussiens en 1778; les Français l’ont copié pour leurs forts dans les comptoirs d’Afrique.
Fort d’Aumale, comme les autres, est un préfabriqué en bois, dont toutes les pièces sont numérotées et peuvent être montées très rapidement.
L’étage supérieur, au-dessus duquel flotte le drapeau français, est en saillie, il permet par un trappe de défendre les magasins situés en bas, où l’on entrepose la poudre; une échelle mobile l’isole du sol.
Autour de ce bâtiment central, quatre barracons destinés à l’infirmerie, au logement du personnel et aux magasins de vivres sont édifiés, dans l’enceinte de la palissade.

On peut s’étonner qu’à peine construit, le fort ait été abandonné au profit du Plateau dès 1850.
Le prétexte invoqué est l’insalubrité du lieu. Il est vrai que militaires et ouvriers sont sans cesse malades.
Pourtant monseigneur Bessieux, qui récupère le terrain pour agrandir sa mission, n’hésite pas à s’y installer. En fait, le fort n’était absolument pas adapté au climat du Gabon.
Ce type de construction convenait peut-être au climat sec de l’Algérie, mais ne pouvait supporter ni l’humidité ni les assauts des termites. Il n’était pas encore fini de construire, qu’il était déjà vermoulu.

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Source :
Un homme, un pays, EL-HADJ OMAR BONGO, LE GABON, Collection : Etats africains d’hier à demain, Les Nouvelles Editions Africaine.
Raphaëlle Walter et Claude Damas OZIMO, Libreville au fil du temps, Editions UNIVERSELLES

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