Rédigé par l’équipe de Miboue

La participation des soldats et des volontaires de l’Afrique Équatoriale Française (AEF) à la Première Guerre mondiale demeure l’une des pages les plus héroïques, mais aussi les plus douloureuses de notre histoire commune. En 1916, après la libération de Cocobeach, la colonne Sud-Cameroun s’élance pour une campagne décisive marquée par le courage inouï de ses hommes.

Plongée au cœur de ces opérations militaires qui allaient redessiner la carte du Gabon.

Des actes de bravoure au cœur de la fournaise

Partie de Brazzaville sous la conduite du lieutenant-colonel Miquelard, la colonne rassemblait les forces du Gabon et des autres territoires fédérés. Sur le front, les récits d’héroïsme se multiplièrent, témoignant de la détermination des troupes coloniales.

  • Le sacrifice du lieutenant Mamadou Ba : Officier sénégalais d’une bravoure exemplaire, il trouva une mort glorieuse au beau milieu d’un combat particulièrement inégal.
  • L’ascension du sergent Onanga Jérôme : Soldat gabonais cité à l’ordre du Régiment pour sa bravoure, il fut promu adjudant. Intégré au nouveau régiment du Cameroun, il fut désigné en 1919 pour le Corps expéditionnaire envoyé au Dahomey (l’affaire des Adjas), où il s’illustra avant d’y trouver la mort.
  • L’exploit du caporal Mabiama Léon : Lors de la prise stratégique de Cocobeach (Mouni) — et particulièrement lors des assauts acharnés autour de l’emplacement de l’hôpital dominant la plage —, ce gradé du régiment local parvint à se défaire de son agresseur allemand en plein corps à corps, malgré un violent coup de sabre reçu en plein visage (il finira sa vie comme adjudant retraité).

Le lourd tribut payé par les combattants

Si ces opérations couronnées de succès permirent de repousser l’occupant allemand, le coût humain de cette campagne fut extrêmement lourd.

Selon les archives de la Revue historique de l’Armée, les pertes combinées des forces franco-coloniales s’élevèrent à :

  • 30 officiers et 63 gradés ou soldats européens tués.
  • Près d’un millier de ressortissants de l’AOF et de l’AEF morts au combat, des suites de leurs blessures ou terrassés par la maladie, représentant près de 30 % des effectifs engagés.

À elle seule, l’AEF compta 474 tués et 1 110 blessés du côté des combattants africains, contre 41 tués et 77 blessés du côté français.

La victoire et la réintégration du Woleu-Ntem

Malgré les sacrifices et la rudesse des combats, l’action conjuguée et déterminée des forces de l’AEF permit la conquête totale du Cameroun et, par ricochet, la réintégration historique du Woleu-Ntem et de Cocobeach au patrimoine territorial gabonais. Un sacrifice mémoriel qui scella durablement l’intégrité de notre pays.

Vous souhaitez approfondir l’histoire, la mémoire et le patrimoine du Gabon, ou mettre en valeur vos projets et entreprises ? Venez nous rendre visite aux Charbonnages à l’ABC MALL (Porte B23) à Libreville, ou découvrez nos articles et services sur www.miboue.com.

  • Contacts directs (WhatsApp / Appels) : 066 50 64 45 / 077 94 60 40