Rédigé par l’équipe de miboue
Né le 25 avril 1942 à Awuta, sur l’île Nengué Sika dans la lagune du Fernan-Vaz au Gabon, Pierre-Claver Akendengué est l’un des piliers majeurs de la musique africaine contemporaine. Bercé dès son enfance par le reflux des vagues et par le jeu de cithare et de guitare de ses oncles, il s’initie très tôt aux harmonies traditionnelles ainsi qu’au chant grégorien découvert lors de ses études secondaires.
Auteur, compositeur, interprète, arrangeur et guitariste, il compose ses premières chansons à l’âge de 14 ans. Son œuvre, chantée principalement en myènè et en français, associe la profondeur des contes ancestraux aux combats politiques et sociaux de son époque.
Du Petit Conservatoire à l’Envol de Nandipo
Arrivé en France à la fin des années 1960 pour poursuivre des études supérieures, Akendengué intègre en 1967 le célèbre Petit Conservatoire de la chanson. Sa fondatrice, Mireille, lui donne alors un conseil décisif : écrire dans sa langue maternelle.
Après un premier 45 tours à compte d’auteur (Ghalo Ghalo, 1972), sa rencontre au théâtre Mouffetard avec Pierre Barouh, créateur du label emblématique Saravah, marque un tournant dans sa carrière. En 1974 sort l’album Nandipo, enregistré avec des virtuoses brésiliens comme Naná Vasconcelos. Ce chef-d’œuvre — classé parmi les 50 albums essentiels de la musique africaine par le mensuel Vibrations — marie la guitare acoustique, les percussions traditionnelles, les sonorités soul et cubaines à une poésie engagée.
« Akendengue utilise les métaphores et les contes pour peindre l’histoire sociale contemporaine de l’Afrique : de la dénonciation du néocolonialisme et du règne de l’argent jusqu’à la célébration de la liberté et de la beauté de la nature. »
Un Engagement Social, Politique et Culturel
Contraint à l’exil en France de 1972 à 1985 en raison de ses positions critiques envers le régime de parti unique au Gabon, l’artiste met son art au service des opprimés. Parallèlement à sa carrière musicale, il poursuit un parcours universitaire brillant jusqu’à l’obtention d’un doctorat en anthropologie sociale et culturelle à la Sorbonne en 1986.
À son retour au Gabon en 1985, il devient conseiller culturel et fonde le Carrefour des Arts, un espace de formation et de création dont bénéficieront de nombreuses figures de la nouvelle scène africaine, à l’instar d’Annie-Flore Batchiellilys.
Sa discographie compte des œuvres marquantes ainsi que des collaborations prestigieuses, notamment sur le projet Lambarena : Bach to Africa (1995) conçu avec Hughes de Courson, fusion audacieuse entre la musique de Jean-Sébastien Bach et les rythmes traditionnels gabonais. Il a également composé plusieurs bandes originales de films, obtenant le Prix de la meilleure musique de film au FESPACO en 1985 pour Les Coopérants.
Une Carrière Jalonnée de Distinctions
Naissance à Awuta
25 Avril 1942
Naissance dans la lagune du Fernan-Vaz au Gabon.
Entrée au Petit Conservatoire
1967
Formation à Paris sous la guidance de Mireille.
Sortie de l’album Nandipo
1974
Premier album chez Saravah, acclamé par la critique internationale.
Prix de la SACEM au MIDEM
1976
Récompensé pour l’album Afrika Obota.
Prix FESPACO
1985
Prix de la meilleure musique de film à Ouagadougou pour Les Coopérants.
Thèse de Doctorat
1986
Doctorat en anthropologie sociale à l’université Paris-Descartes.
Album Lambarena
1995
Projet d’envergure mêlant Jean-Sébastien Bach et musiques gabonaises.
Koras d’Honneur
2010
Prix spécial célébrant 30 ans au service de la musique africaine.
Prix Spécial du Président
2022
Hommage national rendu à Libreville pour l’ensemble de son œuvre.
Repères Discographiques Sélectifs
| Année | Titre de l’œuvre | Format / Label |
| 1972 | Ghalo Ghalo | 45 T (Sonafric) |
| 1974 | Nandipo | 33 T (Saravah) |
| 1976 | Afrika Obota | 33 T (Saravah) |
| 1983 | Mando | 33 T (CBS) |
| 1986 | Piroguier | 33 T (Ntyé) |
| 1990 | Silence | 33 T (Mélodie) |
| 1994 | Lambarena | CD (Espace Afrique) |
| 2006 | Gorée | CD (Lusafrika) |
| 2008 | Vérité d’Afrique | CD (Lusafrika) |
| 2013 | Destinée | CD |


