
Les Okandè sont un peuple d’Afrique centrale vivant dans le nord-est du Gabon. Ils font partie du groupe ethnolinguistique des Membé.
Ils parlent le Ghékandè-kandè, une langue de la communauté Membè.
Les Okandè sont ainsi, linguistiquement et historiquement attachés au autres ethnies membé, mais surtout au Simba avec qui, ils partagent des villages.
Ce peuple se considère également frères des Enenga et plus généralement de tout les Myené, avec qui, ils partagent quelques traits culturels, notamment la langue et les rites initiatiques.
En 2003, la population des Okandè était estimée à 2000 à 3000 individus.
Ce peuple, qui occupait sur le moyen Ogooué un grand nombre de villages (cinquante, disent-ils), et qui s’est rendu célèbre en fournissant aux explorateurs d’incomparables pagayeurs, n’habite plus que trois villages dans la savane sur la rive gauche, entre le confluent de l’Okano et le poste de Booué.
La natalité est faible.
Beaucoup sont allés à la côte et pas revenus.
Nom et parentés
Okandé singulier ; Mokandé pluriel.
Parents des Apindji, des Mitshogo, des Simba. Ils se comprennent assez bien avec les Enenga, moins bien avec les Galoa et les Mpongwé.
Origines et histoire
Les ancêtres venaient de I’lvindo. Leur premier village, Nogonoué, était au sud du futur Makokou. Le second s’appelait Mbalikolo. Puis les Okandé se sont déplacés vers la côte, avec les Shimba, pour retrouver leurs parents, les Mpongoué. Libreville n’existait pas encore. Arrivés au bord de la mer, ils eurent froid et revinrent dans l’intérieur. Les Simba ne font aucune allusion à ce voyage à la côte. De la part des Okandé, plus occidentalisés, on peut imaginer un certain snobisme se dire parents des Mpongwè.
Passant chez les Enenga de Lambaréné, ils tentèrent de s’établir au lac Zilé, en furent chassés par les moustiques, et remontèrent l’Ogooué. Ils s’installèrent dans l’île Endoli, puis dans la savane, qui existait déjà. C’était à une époque très ancienne; leurs grands-pères eux-mêmes ne savaient plus depuis combien de temps. Partout les récits présentent les savanes comme préexistantes aux occupants actuels.
Ces voyages se faisaient à pied. On franchissait les rivières en radeaux de parasoliers. Puis les enfants ont creusé des petites pirogues ; les adultes ont choisi l’okoumé et creusé la première pirogue Elokolokokolo (la chose qu’on essaie et qui va de travers). Enfin ils ont réussi et ont enseigné leur art aux Enenga et aux Adouma. Les pirogues Okandé à fond plat, avec avant et arrière aplati et décoré, sont des œuvres d’art et parfaitement appropriées aux passages rocheux du Moyen Ogooué.
A leur arrivée, les Pygmées (Abenga) étaient les seuls habitants du pays. Ils vivaient de chasse et de miel.
Une partie des Simba les avait quittés à la Ngounié, qu’ils remontèrent avec les Apindji et les Mitshogo. Les autres Simba remontèrent l’Ogooué avec eux, puis occupèrent l’Ofoué.
Le premier Européen fut « le docteur » (Oganga). Les Okandé aidèrent les Blancs à remonter le fleuve, et se heurtèrent aux Osyeba.
Peuple de rivières et de savanes, les Okandè furent réputés, jusqu’à une date assez récente, pour leur talent de fabrication de pirogues, ornées de magnifiques décorations. Ils s’étaient également rendu célèbre en fournissant aux explorateurs d’incomparable pagayeurs tels que Pierre Moignon, Bondia ou encore Mbengo, le pagayeur de l’explorateur Paul Belloni du Chaillu.
Mais bien avant l’arrivée des explorateurs les Okandè étaient déjà connu des autres peuples, car ils étaient de bon intermédiaires entres les peuples de l’amont de l’ogooué, notamment les Aduma et les peuples de l’aval de l’Ogooué tel que les Enenga, Galoa, Adjyumba. À leur apogée sur le contrôle de l’Ogooué, les Okandé occupaient un grand nombres de villages allant de La Lopé au Moyen-Ogooué.
Encore dans les années 1940 et 1960, les Okandé avaient une cinquantaine de villages, puis une vingtaine dans les années 1980. L’exode rural qui s’est accéléré dans les années 80, a poussé bon nombres d’Okandè à aller dans la Capitale, ainsi que dans d’autres villes du pays tel que Booué, Makokou, Lambaréné. Cette exode rural a contribué à la diminution drastique des villages Okandè, au point où aujourd’hui ils n’occupent que 3, voir 4 villages.
Activités économiques
La pêche avait une grande importance ; on vendait du poisson séché. Le « pays des abeilles » n’a pas de nom en Okandé, mais il y a là, en effet, beaucoup de miel. On les enfumait et on abattait l’arbre. Le miel était mis dans des feuilles et vendu.
On fabriquait des vêtements de raphia qu’on vendait également.
Il n’y avait pas d’esclaves chez les Okandé. Ils en achetaient aux Saké, aux Bakota, aux Adouma et aux Bawandji et allaient les vendre aux Galoa et aux Enenga. Les marchandises d’échange étaient le sel, les pagnes, les allumettes, le tabac. Leur trafic par pirogues allait de Lastoursville à Lambaréné, plus tard de Franceville à PortGentil.
Organisation de la société
Famille patrilinéaire.
Clans : Gasanga, Potè, Mohiva, Mohivo, Mbobo, Djobè, Makoto, Mogènè, Bokouadi, Mashoto, Bidi, Agambé, Mogamé, Dibanga. Les mêmes clans existent chez les peuples parents.
Exogamie de clan.
Interdits de clan : le perroquet pour les Mohivo, et la panthère pour les Mbobo (on peut la tuer, non la manger).
Des rois D, Misambo, Miatshengè, commandaient plusieurs villages. A leur mort on désignait un homme capable. Les guerres entre villages n’étaient pas rares.
Croyances, rite et culture
Doua : crâne des ancêtres dans des paniers, placés dans une maison spéciale avec des figures de bois.
Bwiti, d’origine tshogo.
Instruments de musique : Ngombi (harpe), Mokombo (archet à bouche), Tambours de peau et de bois.
Le rite Molombè est pratiqué par tout le peuple Mokandé. cependant, il existe d’autres rites tels que le Molindi; l’Eduwa; le Diyandzi; le Ghétole, le O’Bwete (Pour les hommes); le Miyendzi et le Mimianga (Pour les femmes). Lors de leurs cérémonies, qui se passent le plus souvent au village, les Okandé peuvent danser le Okouyi ou encore le Ndjembè., bien que ces danses ne soient pas d’origine Okandè.
Noms Okandé
Mossoka, Mbognan, Manembe, Motongo, Mangouala, Mokanga, Mambingo, Mandambo, Moignon, Ebombo, Olanga, Mokonde, Kombé, Odendo, Diecko…
Source :
L’HOMME D’OUTRE-MER , Collection publiée par le Conseil supérieur des Recherches sociologiques d’outre-mer et par l’Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer Nouvelle Série N° 6, Hubert DESCHAMPS, Gouverneur E, R., Directeur des Sciences humaines à l’Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer, Chargé de mission par le Centre National de la Recherche Scientifique, TRADITIONS ORALES ET ARCHIVES AU GABON, Contribution à l’ethno-histoire, ÉDITIONS BERGER-LEVRAULT 5, rue Auguste-Comte PARIS (VI) 1962.
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