Le Gabon compte près d’une quarantaine de peuples, c’est-à-dire d’ensembles humains étendus, ayant un nom distinct, avec le sentiment d’une origine et d’une appartenance communes. Ces peuples étaient eux-mêmes divisés en clans qui se faisaient fréquemment la guerre. Leur particularisme vis-à-vis des autres peuples n’en est pas moins vif, et ne les empêche pas d’ailleurs d’avoir avec certains d’entre eux des parentés dues soit à la langue, soit aux origines, soit à des alliances matrimoniales fréquentes. La classification de ces peuples, adoptée par les chercheurs, est généralement à base linguistique.
Les Fang, réputés au XIXe siècle pour leur détermination, sinon leur réelle agressivité à l’égard des autres peuples et leur réserve à l’égard des Européens, étaient alors en migration vers le sud-ouest, en direction de l’Estuaire du Komo, à travers les forêts du Sud-Cameroun et du Nord du Gabon.
Les Mvaï occupent la vallée du haut Ntem et ses affluents, c’est-à-dire l’ouest du district de Minvoul, et le nord-est du district de Bitam.
Les Ntumu occupent la plus grande partie du plateau de Wolé-Ntem (district de Mitzic, Oyem, Bitam) et l’est de la Guinée équatoriale.
Les Fang Zamane occupent le district de Ndjolé et une par- tie du district de Boué (au nord de l’Ogooué), ainsi que l’ouest du district de Makokou où ils ne dépassent pas I’Ivindo.
Les ancêtres venaient d’un pays situé au-delà des sources de I’lvindo. Le premier village, Ekouk Mbol Nè Bégel, était très loin, dans les montagnes hautes, dénudées, dominant la forêt. Il n’y avait pas d’autres races avec eux.
Les Mahongwés sont un peuple du nord-est du Gabon qui vit principalement dans la province de l’Ogooué-Ivindo. Ce peuple est le plus important du district de Mékambo dont il occupe tout le sud. Des villages hongwé se trouvent aussi entre les Bakota sur la route de Mékambo à Makokou.
Ces deux peuples parents mêlent leurs villages le long de l’Ogooué en amont de Booué jusqu’au confluent de la Lassio et sur la route Booué-Lalara. Origines et traits ethno-graphiques sont les mêmes. On trouve aussi quelques Shaké au nord de Lastourville et, au nord d’Okondja, des Shamaï, peuple très voisin.
Les Mekè ont été la pointe avancée de l’invasion Fang vers le sud-ouest. Leurs avant-gardes arrivaient sur la moyenne Komo dès 1840. Depuis lors ils ont occupé la plus grande partie de l’estuaire du Gabon et les régions avoisinantes.
Les Mpongwè, auxquels les explorateurs réservaient le nom de « gabonais » , occupaient au XIXe siècle les deux rives de l’Estuaire du Gabon et devaient, par la côte, rejoindre au sud les Orungu. Aujourd’hui l’arrivée Fang les a réduits à quelques villages à Libreville et sur la rive sud.
Aujourd’hui nous disons l’estuaire du Gabon. Nos ancêtres disaient : Arongo-mbé-Ndiwa (équivalent à Arongo, Mbene yi Ndiwa), la mer large et profonde des Ndiwa ou Ndiba, comme on les appelait encore au temps de du Chaillu (1855). Ces Ndiwa formaient le premier clan des mpongwè qui déboucha dans l’estuaire du Gabon et en occupa les deux rives. A leur arrivée, ils y trouvèrent installés avant eux des groupements d’Akoa ou Pygmées, notamment à la rivière Otandé, au voisinage de la pointe Santa Clara, ainsi qu’à Denis.
La région montagneuse du centre du Gabon, la Haute-Ngounié et la vallée de la Lolo (1020 m au point culminant), est sillonnée de nombreux cours d’eau et entièrement recouverte de forêt équatoriale.
Les Adyumba sont un peuple d’Afrique centrale etablie au centre du Gabon, autour du lac Azingo et au bord du fleuve ogooué. Ils font partie du groupe ethnique des Ngwémyènè. Leur dialecte Omyènè est appelé Ediumbyani et est assez proche du dialecte Mpongwè.
Les Apindji sont une ethnie d’Afrique centrale établie au Gabon. Ils font partie du groupe ethnolinguistique des Membé. Ainsi ils sont culturellement proches des Simba, Okandè, Mokota, Pové, Eviya, mais surtout des Mitsogo. Leur langue le Apindji est linguistiquement proche des autres langues Membé et plus ou moins proches de la langue Omyénè. Comme leurs frères Mitsogo, les Apindji sont un peuple très traditionaliste, à l’origine du Bwiti dissumba.
Les Enenga sont un peuple d’Afrique Centrale, établie au centre-ouest du Gabon. Ils font partie du groupe ethnique Myènè.
Les Eshira sont venus d’un lieu-dit Esira, entre Ngomo et Lambaréné. Le père du grand-père du narrateur habitait sur la Basse Ngounié.
Ce peuple habite quelques villages à l’est de Mouila et de Fougamou. Il occupe presque toute la région à l’ouest et au nord de Mimongo dans le massif central (Massif du Chaillu).
Les Okandè sont un peuple d’Afrique centrale vivant dans le Nord-Est du Gabon. Ils font partie du groupe ethnolinguistique des Membé. Ils parlent le Ghékandè-kandè, une langue de la communauté Membè.
Ce peuple très important occupe, au Gabon, la plus grande partie des quatre districts de Mouila, Ndendé, Moabi et Tchibanga ; on le trouve, au Congo, dans les districts de Divénié et de Mossendjo ainsi que près de Kibangou, au nord de la boucle du Niari.
Rive gauche de la Ngounié, dans la région de Mouila où ils étaient face aux Mitsogo installés sur la rive droite. Ils en ont été chassés sans guerre, par l’avance Punu.
Le problème de la mise en place des peuples de l’Est et du Sud du Gabon est encore aujourd’hui assez mal résolu car qui pourrait maintenant renseigner plus exactement et plus complètement les historiens et les ethnologues, fussent ils gabonais ou congolais eux-mêmes, alors que les quelques rares détenteurs de la tradition, nés à peu près au moment des débuts de la colonisation (1890-1914), ne sont plus en vie?
Les Adouma sont un peuple d’Afrique centrale vivant au sud-est du Gabon, principalement sur les rives sud du fleuve Ogooué. Ils font partie du groupe ethnolinguistique des Nzébi, qui comprend les Bandjabi (𝖭𝗓𝖾́𝖻𝗂); les Awandji, les Batsiengui et les Ivili.
Les Awandjis sont un peuple du Gabon habitant les provinces de l’Ogooué-Lolo et du Haut Ogooué. Les Awandji sont souvent intégrés dans le groupe ethnique des Nzébis. Lastourville et Moanda sont des villes à majorité Bawandji.
Les Banzabi (on écrit aussi Bandjabi ou Bandzabi) sont un des peuples les plus nombreux du Gabon. Ils occupent la plus grande partie des districts de Mbigou et de Koulamoutou au sud-est des Massango, et débordent sur les districts de Lastourville et de Franceville.
Les Massango ont de nombreux villages dans toute la région du massif central, comprise entre Mimongo et la Lolo (en direction de Koulamoutou), ainsi que dans le nord et l’ouest de Mbigou. Leurs voisins sont au nord les Pové, à l’ouest les Mitshogo, au sud les Bandjabi.
Les Ndoumou (ou Bandumu) sont un peuple d’Afrique centrale vivant à l’est du Gabon, dans la province du Haut-Ogooué. Ils ont longtemps été considérés comme appartenant au groupe Kota, qui sont souvent leurs voisins, tout comme les Obamba. Ils Habitent Franceville et ses environs, le long de la Passa.
Les Pové habitent la forêt à l’ouest de Koulamoutou, entre la Lolo et l’Ogooué. Au Sud, ils confinent aux Massango, au nord au « pays des abeilles » vide d’hommes. Parmi eux vivent de petits groupes Akélé.
Petit peuple bantou qui n’occupe que quelques villages, l’un sur le Haut Ikoye Vieux Mimongo, les autres sur l’Ogooué inférieur, entourés, à l’ouest et à l’est, d’immenses contrées de forêts désertes.
L’art des Lumbu et Vili du Sud-Gabon et de la région côtière du Congo, entre le Gabon et Pointe-Noire, est encore peu connu au plan stylistique, bien que des pièces très anciennes figurent en bonne place dans les collections, du fait des contacts entre voyageurs européens et autochtones dès les XVI e et XVIIe siècles.
Les Loumbou occupent actuellement la savane de Tchibanga au sud de la Nyanga ; le massif montagneux et forestier dit « Mayombe des Balumbu » (le long de la route, le reste n’abrite que des pygmées) ; et le long de la côte : les marais de la basse Nyanga, la lagune de Setté Cama et (avec les Vili) les environs de Mayumba.
Les Vili occupent au Congo (Brazzaville) toute la région côtière (Pointe-Noire et Madingo-Kayes) et s’étendent au Gabon le long de la lagune Banio jusqu’à Mayumba. Ils sont parents linguistiques du groupe Bacongo, mais comprennent le Lumbu sans interprètes.
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Source:
Louis Perrois, art ancestral du gabon dans les collections du musée barbier-mueller, photographies pierre-alain ferrazzini

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